Et si PSA s'était trompé dans sa gestion des ressources humaines d'Opel. Si l'on en croit les dires du comité d'entreprise, le constructeur va perdre davantage de salariés que ne le lui a réclamé PSA, du fait de nombreux départs volontaires.

Le patron du comité d'entreprise du constructeur allemand tire le signal d’alarme. Il exige un plan garantissant l'avenir de la marque à l'éclair.

Le calcul à faire


En novembre 2017, soit environ 100 jours après le bouclage de sa reprise d'Opel, PSA a présenté un plan en vue d'une réduction de 3.700 emplois d'ici 2020 en Allemagne.

Aujourd’hui, quelque 1.500 salariés âgés ont signé un accord pour quitter l'entreprise sur une base accompagnée. S'y ajoutent près de 2.000 salariés, toujours parmi les plus âgés et en principe disposés à partir, mais qui n'ont pas encore entamé de démarche formelle.

Enfin, un plan de départs volontaires pour des salariés plus jeunes est en cours, pouvant entraîner d'autres départs.

Une fuite de l'entreprise

"On va satisfaire sans problème l'objectif de réduction d'effectifs, le problème est que les gens s'enfuient d'Opel", s'est inquiété Wolfgang Schäfer-Klug, patron du comité d'entreprise d'Opel.

Le comité d'entreprise et le syndicat allemand IG Metall doivent discuter avec les directions d'Opel et de PSA sur l'avenir des trois sites allemands de production.

Celui d'Eisenach, en Thuringe, paraît le plus menacé. Il emploie pour l'heure 1.800 personnes en produisant deux modèles de petite taille - Corsa et Adam -  mais pourrait perdre près de la moitié de ses effectifs, puisqu'il s'est vu promettre pour l'heure la production d'un seul modèle, le SUV Grandland, avec une version électrisée à venir.

En échange, les quelque 20.000 salariés d'Opel en Allemagne se sont vu imposer un report de l'augmentation de 4,3% des salaires normalement prévue à partir d'avril, et le gel des primes de vacances et de Noël.

Un chantage des patrons ?


"J'ai dit à Messieurs Tavares (le patron de PSA) et Lohscheller (patron d'Opel) que ce qu'ils font c'est du chantage", a déclaré Berthold Huber, ancien patron du syndicat IG Metall, qui négocie également pour les intérêts des salariés allemands.

A Kaiserslautern, l'usine spécialisée dans la production de pièces de moteurs devrait servir à l'avenir de lieu d'assemblage à partir de pièces livrées en partie par PSA.

PSA prévoit aussi de confier aux ingénieurs du site de Rüsselsheim les développements de petits utilitaires pour le groupe.

A ce jour, l'ensemble des propositions du groupe français représente une garantie pour "seulement 1.800 emplois", selon M. Schäfer-Klug, qui exige de la transparence sur les intentions à long terme du Français à l'égard de l'ensemble des salariés d'Opel.