Identifier, informatiser et mutualiser, trois petites actions qui semblent anodines « mais qui pourtant constituent un véritable ensemble de processus, inexistants auparavant, pouvant combler le retard dans le métier de la démolition automobile », assure Johan Branca, cofondateur de Opisto, qui propose ces trois solutions pour la pièce issue de l'économie circulaire.

Sur le marché émergent de la pièce de réemploi, ce logiciel dédié à l’activité des centres VHU, créé par la société toulousaine Saceo, apporte son lot d’innovations depuis sa création en 2011. Mais avant de dévoiler les chiffres de sa croissance, il est important de se pencher sur ses services.

Alors, Opisto c'est quoi ?

Il s’agit d’une solution qui se compose de deux métiers. Le premier est, comme mentionné au début, éditeur de logiciel ou de solutions PRE destinés aux centres de VHU agréés pour leur permettre d’informatiser et de mutualiser leur stock de pièces d'occasion avec une mise à jour en temps réel d’une base de données.
Cet outil a été créé dans le but d’optimiser et d'organiser les expertises véhicules, la gestion de stock, la facturation, etc. Actuellement, 385 centres VHU utilisent ce logiciel (+75 en 2017) et ce sont plus de 380 000 véhicules déclarés en démolition qui transitent chez eux sur un total de 1700 sites en France, se partageant 1 million de VHU par an (soit 25% du marché). Par exemple, une dizaine de clients Caréco et 50% du réseau Indra se sont approprié les services d’Opisto.
Johan Branca, cofondateur des solutions PRE d
Johan Branca, cofondateur des solutions PRE d'Opisto

« Nous proposons une offre neutre et on ne souhaite pas être associé à qui que ce soit. Nous cherchons à accompagner la transition numérique d’un marché traditionnel local en phase avec les attentes des automobilistes », rappelle le dirigeant.

Selon lui, grâce à ce logiciel, 200 centres ont développé la gestion de stock et une centaine, la vente en ligne. Aussi, près de 5 millions de pièces ont été démontées et informatisées par leurs soins.
On en vient donc au second métier d’Opisto, qui est la vente en ligne par le biais de opisto.fr. Il s’agit d’une boutique en ligne mettant en relation des particuliers avec ces fameux centres VHU agréés.

« Une fois que les pièces sont informatisées et mutualisées, nous pouvons passer au e-commerce. La distribution et le référencement permettent aux internautes de trouver eux-mêmes une alternative à la pièce neuve en accédant à une base avec des produits qui sont autant fiables et sous garantie, qui plus est. En général, les PRE coûtent 70% moins cher que les pièces constructeurs », ajoute Johan Branca.

Opisto pour les pros

Il souligne également que ce sont 1.5 million de pièces disponibles en temps réel sur le site. En quelques chiffres, le site Web a généré 47 448 transactions en 2017, soit +22% par rapport à l’année précédente (panier moyen de 78 euros), avec un taux de plus de 6 millions de visiteurs.

Mais en ce début 2018, la nouveauté réside dans l’existence de deux labels. Ce service ouvert aux particuliers, mais aussi l’apparition du site opisto.pro, à destination des pros. D’abord sous forme d’application, l’outil s’est ainsi muté en une offre Web dédiée avec pour « seul engagement, encore plus de qualité », souligne-t-il. Cet espace de vente promet une livraison entre 48 et 72h maximum, des photos et références prix constructeurs à l’appui et autres services. Forcément, 800 000 pièces de réemploi disponibles en temps réel répondent aux critères, moins que pour le grand public. Depuis sa refonte, Opisto Pro a enregistré 9 500 transactions et engendré 1,2 million de CA en 2017.

« Nous faisons face à une industrialisation de la pièce et nous voulons en être acteur. Nous devons donc montrer aux professionnels qu’ils ne sont pas seuls car même en cas de litige nous pouvons les accompagner. Nous nous battons donc pour faire connaître ces solutions et pour leur dire qu’ils vont forcément s’y retrouver financièrement. C’est un partenariat win-win entre tous, y compris avec les particuliers ».

La question de la croissance externe se pose également car pour l’anecdote, Johan Branca affirme avoir des commandes provenant des pays limitrophes et même du Brésil et de la Corée du Sud.