« Quand les acteurs traditionnels travaillent avec des ordinateurs et du papier, nous œuvrons simplement avec un cutter et un smartphone », lance Franck Millet, cofondateur du distributeur de pièces Otop, pendant la visite d’un des centres de service à Massy (Île-de-France), ouvert en mars 2018. Nous communiquions d'ailleurs déjà sur cet « ovni » débarqué de nulle part à cette période.

Et d’ajouter : « Nous avons réussi notre lancement et notre modèle est validé auprès de nos clients. Notre soulagement et notre satisfaction peuvent paraître simplistes mais nous prenions des risques en devenant un acteur 100% digital dans ce monde de la distribution de pièces détachées ».

Le distributeur de pièces 100% digital

Le dirigeant, ex-directeur général du groupe Doyen, a convié la presse pour concrétiser son concept et dresser un premier petit bilan depuis la création de son réseau, le 13 février 2018. Une annonce avec son lot de surprises.

Mais parlons de ce centre de formation et de service de Massy. « Je m’excuse mais le site est vide ! », émet Franc Millet. Oui, il n’y avait rien. Non pas parce que le centre est neuf, a été cambriolé ou est en vente, mais parce que le concept Otop s’appuie sur un nouveau modèle de distribution, dédié aux pros, conjuguant les bénéfices du digital et les avantages d’un réseau physique : acheter et vendre via un extranet, préparation des colis et transport de nuit vers les centres Otop et livraison unique quotidienne chez le client de 7h30 à 11h30 (ou retrait en centre). Aucun stock.  En mettant en place une architecture entièrement digitale, dite « cloud », l’enseigne relie en temps réel tous les maillons de la chaîne de valeur, soit les équipementiers, le transporteur (Deret), les garages, les banques, les centres, la data, etc. Grâce à ce processus, Otop fait des économies et en promet aux clients, soit en moyenne 30% moins cher que dans la distribution traditionnelle. Et tout est assuré par ses soins, de la livraison à la gestion des retours en passant par les garanties.

95% de livraisons

Otop
Un pari risqué pour franc Millet mais qu’il a su relever. « Mine de rien, nous avons ouvert le premier centre à la date prévue, sans bug digital et logistique, et notre portefeuille produits plaît aux clients », assure-t-il. Selon lui, le taux de retour n’atteint même pas 5% et certains clients se fidélisent rapidement. Pour l’anecdote, le client qui a passé la toute première commande le 14 février 2018, en a réalisé 28 autres les 2 mois suivants. Donc « le concept Otop est validé » puisque la clientèle approuverait la compétitivité des prix, l’efficacité de la plateforme et la livraison unique (une seule fois par jour). Près de 80% du chiffre d’affaires d’Otop sont générés par des MRA et 10% par des agents de marque. Plus de 95% des commandes sont réalisés en livraison (possibilité de retirer aussi ses colis en centre), comme quoi les frais de transport à 6,90 euros n’effraient pas.

« Le garagiste essaie de faire un panier complet pour un véhicule ou par type de réparation. Et beaucoup de pièces techniques sont vendues », précise le dirigeant.

Les prospectives pour 2018

Fort de ses 12 centres, Otop reste sur ses prévisions et compte ouvrir 40 centres avant fin 2018, 86 en 2019 et 53 en 2020 pour dépasser les 180 sites cette année-là. D’ailleurs, le réseau déclare ouvert le recrutement en franchise ! Six à huit mois sont nécessaires pour mettre en place un projet, dont une semaine de formation intense dans les locaux de Massy. Par le biais de réunions régionales et du salon franchise Expo, 306 "contacts" sont intéressés par ces investissements minimes : et oui, finalement il faut quatre murs, un smartphone et un véhicule.