Flauraud, la pépite française de la distribution de pièces de rechange, vient de s'entendre officiellement avec PGA Motors pour une prise de participation majoritaire. Pour l'instant, aucune précision de ce protocole d'accord n'a filtré, PGA portant le rachat devant l'Autorité de la concurrence. « C'est un marché qui s'ouvre et nous voulons profiter de cette possibilité de diversification tout en respectant notre fonction de distributeur de pièces de rechange d'origine qui nous lit avec les constructeurs », affirme Hervé Miralles, directeur général de PGA Motors.
Si les rumeurs de rapprochement allaient bon train depuis ce printemps, ramenées dans un premier temps à un simple lien commercial, la prise de participation a été confirmée à nos confrères d'après-vente auto en fin de journée. Difficile de ne pas faire le lien avec l'annonce, la veille du déploiement par PSA Retail de 40 plateformes de distribution de pièces de rechange dont 12 en France.
Pourtant Jean-Marie Zodo, président de PGA, l'affirme haut et fort : « Nous sommes en discussion depuis très longtemps, bien avant avant la mise en place des plateformes PSA et bien en amont même de l'annonce faite par PSA. »

Flauraud, une pépite de la distribution

Pour Pierre-Jean Flauraud, PDG d'Aurilis Group, société qui chapeaute les activités de Flauraud, s'adosser au premier groupe de distribution automobile en France (250 concessions pour un chiffre d'affaires de 3,9 milliards d'euros) reste sans doute l'un des meilleurs moyens d'accélérer son développement tout en préservant la spécificité de l'entreprise. A quelques semaines de son départ en retraite, le dirigeant assure une certaine continuité de son groupe dont le management doit rester en place. Il faut dire que l'entreprise, fondée il y a 80 ans, a su de creuser une place de choix dans le paysage de la distribution de la pièce indépendante. 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, un pied en Espagne et en Italie, une plateforme logistique de 16 000 m² basée à Clermont-Ferrand et la garantie d'une livraison en 24 heures, que viennent compléter 21 magasins de pièces répartis sur le territoire apportant deux livraisons/jour aux réparateurs indépendants. Près d'un quart du chiffre d'affaires est réalisé avec la grande distribution.

Au-delà de la distribution pure, Flauraud a créé un catalogue électronique de pièces Mecasystems, dispose d'un centre technique automobile (atelier de réparation common-rail, injecteurs ainsi que composants électroniques), d'un centre de formation agréé GNFA et anime un réseau de plus de 130 réparateurs sous le nom de Club Auto Conseil.


Mouvement de concentration


« C'est un véritable mouvement de fond », affirme ce fin observateur de la distribution de la pièce. « Le secteur de la pièce de rechange indépendante doit faire face à plusieurs phénomènes en même temps : la baisse du marché et des entrées ateliers, conjuguée à la baisse des prix des pièces sont deux éléments essentiels pour favoriser une concentration du marché. » Pour autant, cette stratégie initiée par un groupe de distribution est loin d'être unique : Bien sur le groupe Dubreuil a mis un pied depuis longtemps dans le domaine en étant adhérent Autodistribution (Auto pièces Atlantique). Le groupe Gorrias,  propose également trois API Box (groupe Doyen qui vient d'être racheté par Autodistribution). De même, le groupe Lenormant, distributeur Renault Trucks, dans l'Oise et le nord de l'Ile-de-France, dispose de 5 sites Groupauto.
De leurs côtés, les distributeurs automobiles ont vécu des années difficiles dans la vente de véhicules neufs. Hors véhicules d'occasion et pièces de rechange, le salut est ardu ! Chez PGA, les deux sujets ne sont pas forcément liés mais Bruno Desmet, ex-dirigeant de Norauto en France a quitté le groupe Mobivia pour rejoindre le groupe de distribution.