Quel regard portez-vous sur les performances du groupe sur le marché des VUL ? Sur le premier semestre, nous affichons une part de 20,4 % sur le marché des utilitaires en Europe, soit un gain de 1,2 point par rapport à l’an passé. Elle s’élève à 10,9 % pour Peugeot et à 9,5 % pour Citroën. Sur six mois, PSA progresse de 11 % sur un marché en hausse de 4,5 % et la dynamique est loin de s’essouffler puisque sur le mois de juin notre pénétration s’élevait à 20,7 %. Nous profitons du lancement des fourgons Jumpy et Expert dont la part se situait à 16,4 % à fin mai (8,7 % pour Peugeot et 7,7 % pour Citroën), soit un gain de 6 points en un an. Nous sommes donc en ligne avec les objectifs fixés il y a un an. La bonne nouvelle est que les autres segments ont également contribué à notre performance en 2017.  Nous observons donc une vraie belle dynamique d’ensemble. Le seul bémol concerne les marchés allemand et suisse, qui sont les deux seuls où PSA reste sous les barre des 10 % de pénétration (8,3 % en Allemagne à fin juin ; + 0,6 pt).

A fin juin, en France, l’écart n’a jamais aussi important entre Peugeot (17,3 % de part) et Citroën (15 %). Comment l’expliquez-vous ? En France, le marché des véhicules utilitaires inclut les dérivés VP. Il s’avère que Citroën a renouvelé sa gamme fin 2016 et cela peut expliquer l’écart entre les deux marques. Car sur les autres segments, les performances sont équilibrées.

Quelles sont vos prévisions pour le marché des utilitaires en 2017 ? Nous sommes revenus à des niveaux assez élevés, proche de 2007 et 2008, puisque les immatriculations de VUL devraient dépasser les 2 millions d’unités en Europe cette année. Le marché profite d’une activité économique favorable et du dynamisme d’un pays comme l’Espagne, ou encore du Belux.

Le Citroën Jumpy pèse 7,7 % du segment des fourgons en Europe à fin juin
La montée en gamme, dont parlent beaucoup les constructeurs sur les VP, est-elle également perceptible sur les utilitaires ? Absolument. Le client achète d’abord un véhicule utilitaire en fonction de son usage, mais il s’agit aussi de son lieu de travail, qui se veut l’expression du statut de l’entreprise. Nous constatons que les aspirations des artisans et des monopossesseurs se rapprochent de plus en plus de celles des clients VP en termes d’équipements de confort. En Europe, pour Peugeot comme pour Citroën, nos clients optent à 87 % pour les niveaux 2 et 3 (Club et Business pour Citroën Jumpy et Premium et Premium Pack pour Peugeot Expert). En France, le niveau 3 représente 67 % des achats pour Jumpy et 71% pour Expert. Enfin, nous vendons 10 % de nos modèles équipés de jantes aluminium.

Dernière ligne droite pour les Nemo et Bipper


Dix ans après leur lancement, les Bipper et Nemo ne seront plus produits
Qu’en est-il de la suite des Nemo et Bipper? Les deux modèles ne seront pas renouvelés et leur fabrication s’arrêtera en fin d’année 2017. Nous travaillons sur les successeurs des Berlingo et Partner. Par rapport aux investissements nécessaires, aux contraintes technologiques ou encore à la réglementation, la rentabilité n’était tout simplement pas suffisante pour envisager de prolonger le programme de ces deux modèles. A fin mai, nous avons commercialisé 4 000 unités en Europe, ce qui représente des petits volumes.

A quand l’offensive de PSA sur le marché du pick-up ? Nous allons commercialiser à la mi-septembre 2017 le Peugeot pick-up en Tunisie et sur quelques autres marchés africains. Nous signons notre retour sur le segment avec ce premier modèle mais le groupe PSA travaille surtout sur un projet à dimension mondiale, qui sera annoncé avant 2021.

Où en êtes-vous de vos projets sur les VUL électriques ? Nous avons aujourd’hui une offre de Berlingo et de Partner électriques, déclinés pour le transport de marchandises comme pour le transport de personnes. Les volumes restent faibles car, d’une part, nous proposons une gamme équipée de moteurs thermiques performants, qui répond aux besoins des clients et, d’autre part, il y a encore des freins psychologiques et aussi physiques à lever, notamment au niveau des bornes de recharge. Nous regardons d’un œil attentif l’évolution de la réglementation, car il s’agit d’un marché qui se développe sous la contrainte. Nous travaillons de manière sérieuse sur l’électrique et il ne fait aucun doute que nous serons présents avec une gamme complète.