Dans quelques jours, au 1er janvier 2017, les professionnels de la réparation auront l'obligation de proposer des pièces de réemploi pour remplacer des pièces usagées ou endommagées lors d'un sinistre. Si le décret d'application est bien paru, reste aujourd'hui à attendre l'arrêté, toujours en cours de rédaction à la DGCCRF.
Ce sujet, très méconnu des professionnels, était l'objet d'une table ronde organisée l'Association des journalistes techniques automobiles (AJTE), en présence de Patrick Poincelet, président des recycleurs au sein du CNPA, Yves Riou, responsable du pôle Contrôle, Maintenance et Réparation au sein du CNPA et Philippe Renaud, directeur général de Caréco.

« Cet arrêté va être articulé autour de 3 axes : tout d'abord un affichage obligatoire, lisible et visible dans toutes les entreprises qui opèrent dans la réparation. Une information donnée en amont de l'intervention sur le véhicule et enfin l'obligation de préciser les pièces et les délais », explique Patrick Poincelet.

Au-delà de cet aspect réglementaire, subsistent toujours beaucoup d'interrogations et notamment comment l'offre de pièces pourra couvrir la demande. Le législateur a décidé en effet d'ouvrir très largement le dispositif  et d'exclure uniquement les véhicules sous garantie. Or, selon le CNPA, 30 millions de véhicules seraient concernés par cette mesure pour 1,1 million de véhicules démontés par les centres VHU.

« C'est bien pour cette raison que nous avions demandé que la loi ne s'applique que pour les véhicules de plus de 8 ans dont les propriétaires sont aujourd'hui les plus concernés par ce besoin de pièces de réemploi. Nous ne pourrons même pas répondre aux véhicules accidentés (4 millions par an) dont 2 environ seraient susceptibles de recevoir des pièces de réemploi ! », ajoute Patrick Poincelet.

Sans compter que 75 % des chocs impactent les côtés avant gauche des véhicules, le filet de la pièce de réemploi va compter quelques trous !
Pourtant des professionnels s'organisent et alors que le taux moyen de récupération des pièces dans les centres de VHU atteint 10 % en moyenne, certains professionnels grimpent jusqu'à 30 %. Une bonne aubaine pour le réseau Caréco qui fédère 80 centres VHU et réalise déjà 80 millions d'euros de chiffre d'affaires.

« Nous sommes très sollicités par les grands réseaux d'entretien », avance Philippe Renaud, directeur général de Caréco. La pièce de réemploi ne pèse aujourd'hui que 2 % en valeur du marché de la pièces de la rechange estimé à 13 milliards d'euros. En moyenne, chaque véhicule démonté permet de générer un chiffre de 497 euros  de pièces revendues. Grâce à la loi, nous pensons que ce marché sera multiplié par deux à terme. »

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