Au revoir les voitures diesel ou à essence, bonjour l’électrique ! Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique, l’a promis lors de l’annonce de son plan climat le jeudi 6 juillet 2017 : la fin de la vente des véhicules thermiques est prévue d’ici à 2040 et une prime de transition va être prochainement mise en place.

Un projet qui, sans surprise, a suscité son lot de réactions. L’argus a contacté quelques fédérations, syndicats et autres associations automobiles afin de recueillir leurs avis. Et tous sont d’accords sur un point : « ce Plan climat force le respect » comme le signale Alain Landec, président de la Fédération des syndicats de la distribution automobile (Feda).

« Avec tout ce matraquage qui est fait contre le diesel, nous sentions bien que l’envie d’en finir avec cette motorisation allait également déteindre sur l’essence et son problème de particules associé. Monsieur Nicolas Hulot ne pouvait donc pas faire l’impasse sur ce sujet. Il a au moins le mérite d’être clair et de mettre fin aux effets d’annonce », ajoute Fabrice Godefroy, président de l’association Les Diésélistes de France.

Prêt à coopérer

De son côté, Francis Bartholomé, président du Conseil national des professions de l'automobile (CNPA) salue l’annonce et se tient prêt à coopérer avec le gouvernement.
« Cette annonce est un bonheur pour le CNPA. Le ministre s’est semble-t-il inspiré de notre pacte de mobilité. Nous sommes donc disposés à ce que nos métiers territoriaux lui apportent l’aide indispensable à la distribution des énergies requises quant au rajeunissement du parc et de son entretien », appuie-t-il.

Aliou Sow, le représentant de la Fédération nationale de l’artisanat automobile (FNAA), fait part également de son contentement : « dans notre livre blanc que nous avions présenté aux candidats à l’élection présidentielle, nous avions fait part de notre souhait d'étendre la prime à la transition aux véhicules d’occasion, et ce sera donc chose faite ». Pour la Feda, l’annonce est toute aussi satisfaisante puisque l’échéance concernant la fin de la vente des véhicules thermiques est suffisamment lointaine pour que « toute la filière automobile puisse participer à l’effort de réduction des émissions polluantes et des gaz à effet de serre » selon son président.

La filière automobile doit pour autant s’organiser

Mais les organisations professionnelles du secteur restent tout de même sur leur garde. En effet, les prérogatives de Nicolas Hulot présagent l'arrivée d'une nouvelle ère pour la filière automobile mais encore faut-il pouvoir la suivre. Eradiquer les moteurs thermiques d’ici à 2040 est pour certains une bien belle ambition.

« Il n’y a pas que les constructeurs qui devront se tenir prêts ou s’adapter à ce changement. Ce sera une véritable révolution pour l’après-vente qui va devoir être soutenu parce que la remise en question sera bien plus importante pour les réparateurs », souligne Fabrice Godefroy.

Selon Aliou Sow de la FNAA, les entreprises se positionnent toutes pour relever les challenges des nouvelles technologies, que ce soit dans la construction d’un véhicule au recyclage, en passant par les services. « Le projet me paraît un peu ambitieux donc la question est de savoir comment accompagner tous nos métiers dans ce virage et face à cet enjeu ? », se demande-t-il.
Les préoccupations restent également nombreuses concernant les Français et leur budget. Selon ces organisations, l'aide à la transition ne sera pas suffisante. « Culturellement, tout le monde peut s'adapter mais le problème de l'argent subsiste. L'investissement est important pour les citoyens malgré les coups de pouce de l'Etat », rappelle Alain Landec de la Feda. Il faudra donc passer des caps, le tout est de ne pas « se braquer sur l’électrique mais bien de s’ouvrir à toutes les nouvelles solutions et usages qui s'offrent à notre pays » conclut Aliou Sow de la FNAA.