Le marché automobile espagnol va devoir réapprendre à vivre sans le Plan Pive. Introduit en octobre 2012 afin de redresser un marché alors au plus bas, ce dispositif de prime à la casse a rapidement démontré son efficacité au niveau comptable, au point d’être reconduit systématiquement ces dernières années. Le Plan Pive 8, qui a pris fin le 31 juillet 2016, sera finalement le dernier. Entré en vigueur le 28 novembre dernier, avec un budget de 225 millions d’euros, il devait initialement s’arrêter le 31 décembre 2015. Il avait été finalement prolongé de sept mois car les fonds alloués à cette huitième édition du programme n’avaient pas été épuisés. Pour la Fédération des concessionnaires automobiles (Faconauto), le bilan de ce plan de soutien est très positif du point de vue de la reprise du marché.

Le dispositif, associé à la reprise économique du pays, a notamment permis « de relancer progressivement l'activité commerciale des concessionnaires », Faconauto estimant qu’il a contribué à hauteur de 20 % aux immatriculations de voitures neuves sur la période 2013-2016, soit un volume de 250 000 unités. La fédération estime également qu’il a évité la fermeture de nombreux concessionnaires ainsi que la perte d’emplois dans le secteur. Après avoir franchi la barre du million de véhicules en 2015, les professionnels entrevoient un marché autour de 1,2 million d’unités en 2017.

Toutefois, le plan PIVE n’aura pas réussi à ralentir le vieillissement du parc automobile espagnol, qui figurait également parmi les objectifs annoncés. Si près de 1,1 million de véhicules de plus de dix ans sont sortis du circuit, la sévère chute des ventes de voitures neuves après la crise n’a pas permis de renouveler le parc. De 8 ans en 2008, l'âge moyen des voitures en Espagne devrait atteindre 12 ans en fin d’année, un chiffre très au-dessus de la moyenne européenne. Selon les prévisions de Faconauto, 66 % des voitures en circulation en 2020 devraient être âgées de plus de 10 ans.