Sur un marché de véhicules particuliers en hausse de 5,1 %, le groupe Renault (Renault et Dacia) renforce sa position sur l'année 2016 avec une part de 25,7 % et une hausse de 8 % de ses immatriculations.

« Nous sommes très satisfaits de l'année écoulée, avance dès ce 2 janvier 2017, Philippe Buros, directeur du commerce France du groupe. Un marché automobile en hausse de 5 % deux années de suite est déjà de bon augure mais de plus nous affichons la meilleure pénétration depuis 5 ans. »

La marque Renault seule, termine l'année 2016 avec 407 955 VP immatriculés, en hausse de 6,6 % mais les ventes auprès des particuliers (170 907 unités) s'affichent en baisse de 1,4 % par rapport à 2015. Les immatriculations vers les entreprises ont, en revanche, porté la marque qui progresse sur ce canal de 11,2 % avec 108 070 véhicules mis à la route.

Philippe Buros, directeur du commerce France de Renault.


« Nous avons vécu une année 2016 avec plus de 5 lancements, ce qui n'est jamais très facile à gérer d'autant que j'ai pu constater que les nouveaux modèles mettent plus de temps à s'installer qu'il y a quelques années, poursuit Philippe Buros. Aujourd'hui, une marque est obligée de faire beaucoup plus de publicité que précédemment et c'est véritablement par la communication qu'une voiture s'installe. Le design est également essentiel. Nous l'avons remarqué avec notre gamme : Captur, Kadjar et Nouvel Espace ont profité d'une rupture dans le design de la gamme et cela se voit dans les chiffres. En revanche, Twingo, Megane et Talisman, d'un design plus classique ont mis plus de temps à s'installer. »

La hausse de 25 481 véhicules immatriculés en 2016 trouve pour moitié son explication dans la mise en véhicules de démonstration (+ 11 192 pour atteindre 62 948 unités, soit 21,6 %). Pour le directeur du commerce France, cette hausse n'est pas problématique puisqu'au final, ces véhicules sont achetés par des particuliers qui ne se seraient pas tournés vers un achat de véhicule neuf : « L'essentiel est que la pénétration dans ces canaux tactiques soit inférieure à celle sur le marché global. » Pas question cependant de poursuivre cette course, imposée parfois par les concurrents. La marque a décidé dès 2017 de modifier l'animation commerciale de son réseau, en récompensant la commande plutôt que la livraison. « C'est un changement important et courageux, qui évitera également toute tentation », avance Philippe Buros. 2017 marquera également l'arrivée de Scenic et de sa version allongée dont les opérations commerciales devraient débuter dans les jours qui viennent. Zoe est également un véhicule prometteur pour cette nouvelle année commerciale grâce à sa nouvelle batterie dont l'autonomie atteint désormais 300 km en condition réelle.

« Alors que nous étions habitués à un rythme de 1 000 commandes par mois sur la précédente version, nous enregistrons plutôt un rythme de 1 500 commandes par mois avec ce nouveau véhicule qui n'a pas encore pu être testé par les clients », se réjouit Philippe Buros. 

La LOA, lancée depuis deux ans sous le nom d'Easy Pack, est également à l'origine des performances de la marque et du record enregistré par Dacia l'année dernière. L'offre "A partir de 3 euros par jour" a ainsi permis à Dacia de dépasser les 110 500 ventes avec plus de 85 % de cartes grises directement adressées aux particuliers et surtout sans nouveauté importante dans la gamme.

« Nous avons pris un risque avec cette offre de financement mais nous sommes aujourd'hui récompensés au-delà de nos espérances. Nous allons d'ailleurs tester le contrat d'entretien sur le Duster car nous pensons que le client de Dacia d'aujourd'hui n'est pas le même qu'au lancement de la marque en France », reconnaît Philippe Buros.

Pas de honte à s'afficher en Dacia, les Duster se vendent notamment très bien avec un intérieur cuir et les boîtes EDC (à double embrayages) sont très attendues par la clientèle. La 4e marque vendue aux particuliers (derrière Renault, Peugeot et Citroën) n'a décidément pas besoin de recourir aux canaux tactiques. Vendue sans remise, la marque peine à satisfaire tous les besoins des particuliers, pas question donc d'alimenter les autres clients en dehors des entreprises et d'un peu de loueurs de courte durée.

De quoi satisfaire les distributeurs Renault qui devraient afficher des niveaux de rentabilité proches de 1 % d'autant que les résultats de l'après-vente s'améliorent et l'accord signé en fin d'année 2016 entre la marque, le groupement des concessionnaires et le groupe Laurent donne le sourire aux différents acteurs.