Gros turn over chez PSA qui se sépare massivement de salariés d’un côté et en embauche tout autant d’un autre. La grande nouveauté chez le constructeur, c’est le recours aux ruptures conventionnelles collectives désormais autorisées par le Code du travail. Avec un certain succès car il a reçu le feu vert d'une majorité de syndicats.

Ce 19 janvier 2018, le Comité Central d’Entreprise de PSA a rendu un avis favorable sur le dispositif d’adéquation des emplois et des compétences (DAEC) pour cette année.

En effet, cinq organisations syndicales sur six, CFDT, CFE/CGC, CFTC, FO et GSEA, ont signé cet accord illustrant, aux dires de PSA, la maturité du dialogue social au sein du groupe et la mise en œuvre du principe de co-construction. Seule la CGT (19,6%) y est opposée.

Le dispositif 2018 s’inscrit dans la continuité de celui de 2017 qui s’achèvera le 31 janvier prochain. Le DAEC 2018 repose sur les dispositions prévues lors de la signature du Nouvel Elan pour la Croissance en juillet 2016, et tient compte des évolutions législatives intervenues récemment

Il s'agit d'une première application du dispositif permettant de réaliser des départs volontaires en dehors d'un plan social et sans justification économique. Elles nécessitent un accord signé par des syndicats représentant au moins 50% du personnel.

Le but n'est pas de réduire les effectifs


Cette utilisation des ruptures conventionnelles collectives (RCC) chez PSA n'a pas pour vocation de réduire les effectifs.

Le groupe programme 1.300 RCC dont 1.250 dans le cadre de mobilités externes (congés de reclassement, création d'entreprise) et 50 de passeports de transition professionnelle.

Il reconduit également pour 900 personnes les départs en "congés séniors". Ce dispositif permet à des salariés de cesser le travail deux à trois ans avant la retraite, tout en conservant leur contrat de travail et 70% de leur rémunération brute.

Mais, parallèlement à ces 2.200 départs volontaires, PSA prévoit de recruter plus de 1.300 CDI dans sa division automobile (62.000 salariés fin 2016) et d'accueillir au moins 2.000 jeunes en apprentissage en 2018.

A titre de comparaison, 1.170 congés seniors et 1.500 mobilités externes sécurisées ont été réalisés en 2017, ainsi que 1.200 recrutements CDI et 2.500 emplois jeunes.


Le volontariat reste la règle



La négociation s'est faite sans vague chez PSA car le projet, explique la CFDT dans un communiqué, s'inscrit "dans la continuité des mesures déjà existantes", où "le volontariat reste la règle".

"C'est un copier-coller de ce qui se faisait avant, mais ils l'ont fait rentrer dans le nouveau cadre légal", avait récemment expliqué Franck Don (CFTC).

Le texte reprend en effet des mesures issues du dispositif annuel de gestion des effectifs créé chez PSA par un accord datant de 2013, prolongé par un second texte signé en 2016 par cinq syndicats sur six.

Seule la CGT, non signataire des accords de compétitivité, "refuse catégoriquement de signer ce nouveau plan de suppressions d'emplois, dont le détail par site et par catégorie est caché aux syndicats" et alors que les bénéfices du groupe "se comptent en milliards".