Le 11 juillet, l'usine recherchait encore 500 salariés en intérim afin de constituer sa nouvelle équipe de travail VSD (vendredi, samedi, dimanche). Elle espérait boucler autour de la mi-juillet ce recrutement qui porte sur 1.000 personnes. Le déficit se concentre sur les 900 postes d'opérateurs, car le recrutement de 100 candidats plus qualifiés (conducteurs d'installation, encadrants d'équipes...) a bien fonctionné.

Pourquoi les candidats refusent



La précarité des postes et les conditions de travail détériorées par la flexibilisation expliqueraient les refus des candidats, selon les syndicats.

"La situation actuelle est la conséquence de l'absence de perspective de CDI (contrat à durée indéterminée) au sortir de l'intérim", a également expliqué Eric Peultier, secrétaire (FO) du comité d'établissement. "Le temps n'est plus où les gens se battaient pour venir travailler chez PSA".




Cette situation est inédite pour le site automobile, habitué à trouver sans problème particulier ses intérimaires.

Une mobilisation de Pôle Emploi


Elle intervient malgré une "mobilisation sans précédent" de Pôle Emploi, des agences d'intérim, du site de PSA lui-même (campagnes d'affichage, messages par milliers sur les réseaux sociaux) et de la préfecture du Doubs sous forme d'envoi de courriers aux mairies.

Dans ce contexte, le constructeur a allégé les critères de sélection sur les connaissances générales pour se concentrer sur les tests d'habileté.

Le bassin d'emploi affiche un taux de chômage dans la moyenne française (9,6 % au premier trimestre 2017) à 8,7 % dans le Doubs et à 10,2 % dans le département voisin du Territoire de Belfort.

La durée des contrats au mauvais format


Selon la direction, l'absence de CDI n'est pas un argument mis en avant par les candidats. Les fournisseurs locaux qui recrutent de la sorte rencontrent les mêmes difficultés.

Selon le porte-parole, la réticence viendrait de la durée de 18 mois des contrats d'intérim, jugée trop courte par certains candidats, mais aussi, paradoxalement, trop longue par d'autres qui préfèrent se limiter à quelques mois pour changer d'entreprise après avoir touché leur prime de fin de mission.

La nouvelle équipe de week-end doit permettre de fabriquer 2.000 véhicules de plus chaque jour, des Peugeot 3008 et la nouvelle Opel « Granland ». Ses intérimaires seront rémunérés au tarif de 35 heures pour 28 heures hebdomadaires travaillées, soit 1 980 euros bruts.