Cérémonie de la signature de l'accord.
Grande marque automobile pour les Algériens, Peugeot ne pouvait pas rester indéfiniment en dehors d'un pays qui cherche à se doter d'une industrie automobile nationale.

Mieux vaut tard que jamais. L’implantation industrielle de PSA en Algérie a enfin été finalisée. Après Renault, Hyundai ou Volkswagen, PSA va produire à son tour, dès 2018, des véhicules en Algérie, dans le cadre d'une co-entreprise créée avec trois partenaires algériens.

Un investissement modeste de 50 millions d'euros pour PSA


Les premiers véhicules sortiront dès l'an prochain d'une nouvelle usine installée dans la banlieue d'Oran, à 400 km à l'ouest d'Alger.

D'ici à cinq ans, 75.000 véhicules Peugeot et Citroën devraient sortir annuellement des chaînes de montage. Le site devrait permettre la création de 1.000 emplois directs.

Cette implantation représente un investissement total de l’ordre de 100 millions d’euros pour la co-entreprise, détenue à 49% par PSA. Les 51% restants sont répartis entre trois sociétés algériennes, conformément à la loi.

Pour PSA, les 50 millions d'euros que représentent cet investissement initial, semble un ticket d'entrée financièrement très modeste comparé aux 590 millions que son compatriote Renault devrait au final mettre sur la table pour des volumes, a priori, comparables.

Une étude comparative mériterait d'être approfondie.

Objet de deux ans de négociations, l'accord a été paraphé en présence des ministres des Affaires étrangères des deux pays, Abdelkader Messahel et Jean-Yves Le Drian, ainsi que du ministre algérien de l'Industrie, Youcef Yousfi, et du ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire.


Une pièce dans le dispositif nord-africain


PSA ambitionne de vendre 700.000 véhicules par an d'ici 2021 dans la région Afrique Moyen-Orient et un million d'ici 2025.

Le groupe français a lancé les travaux d'une usine à Kenitra, au Maroc voisin, où 90.000 véhicules doivent être produits annuellement à partir de 2019, avec un taux d'intégration (c'est à dire de pièces fabriquées sur place) d'au moins 60%.

Renault produit déjà à Tanger des centaines de milliers de véhicules. L’ouverture de ce site en 2012 avait suscité un tollé en France, certains syndicats y voyaient une forme de délocalisation.

L'automobile, priorité pour l'Algérie


L'industrie automobile algérienne est née cette même année d'un partenariat entre les autorités et Renault, qui a ouvert fin 2014 sa première usine dans le pays, là aussi dans la région d'Oran.

Hyundai et Volkswagen sont eux installés respectivement à Tiaret et Relizane, à plus de 300 km au sud-ouest d'Alger.

Cette filière automobile est devenue une priorité pour l'Algérie, soucieuse de diversifier son économie face à la chute des prix du pétrole, source de 95% de ses devises.