Le patron de PSA se veut pragmatique. Il entend laisser Opel poursuivre son redressement, tout en l’épaulant lorsque c’est nécessaire. Afin de préciser les contours du rachat d’Opel, Carlos Tavares, patron de PSA, s’est plié au jeu des questions-réponses avec la presse au salon de Genève.

La marque sera-t-elle intégrée à la stratégie de plateformes de distribution de pièces de rechange de PSA ?



Il n’est pas question d’imposer quoi de ce soit répond en substance Carlos Tavares : « Nous ferons ce que souhaite Opel. La marque va construire son propre plan de croissance, si ce plan comporte un volet pièces de rechange, nous proposerons notre approche et nous expliquerons tout notre panel de bonnes pratiques ».

GM, un échec de la mondialisation ?


La vente d’Opel-Vauxhall par General Motors qui s’ampute de sa présence en Europe, marque-t-elle les limites de la mondialisation. A l’heure où l’Amérique de Trump se tourne vers une certaine forme d’isolationnisme, n’est-ce pas un événement révélateur ?
Carlos Tavares s’en tient aux faits : « Nous avons constaté que les effets d’échelle ne jouaient qu’au niveau régional. On produit localement ce que l’on vend localement. En la matière beaucoup a déjà été fait par Opel-Vauxhall. Les seules synergies mondiales effectives portent sur le développement des technologies (ndlr : la recherche et le développement). Mais cela n’a pas d’effet sur le sourcing et les pièces qui restent locaux ».

Opel deviendra-t-il, sur certains marchés, concurrent de Chevrolet ?


La marque Opel aidera-t-elle PSA à s’attaquer à de nouveaux marchés qui étaient occupés par d’autres marques de General Motors, comme Chevrolet ? Pas question, pour le moment, de rentrer en conflit avec GM tant que les discussions se poursuivent. « Tant que l’on discute avec General Motors et pendant la phase de transition, nous n’irons pas chercher de marchés supplémentaires pour Opel », répond Carlos Tavares.

Jusqu’à quand dureront ces pourparlers?


« Avec General Motors, nous avons des discussions qui vont au-delà de la seule acquisition d’Opel-Vauxhall. Nous avons toute l’année 2017 pour finaliser cet accord sur le plan juridique ».

Qu’est-ce que General Motors pourrait apporter à PSA ?


« Les discussions en cours portent sur la réduction des émissions et la mobilité durable », résume le patron de PSA. [NDLR D’autres sources internes à PSA précisent que pourrait également être concerné l’accès aux technologies de pile à combustible, General Motors travaillant dans ce domaine avec Honda).