Depuis le 1er janvier 2017, Xavier Duchemin dirige PSA Retail, la filiale de distribution du groupe PSA, après avoir mené pendant presque 5 ans, le commerce France de la marque Peugeot. Passer de l'autre côté du miroir est une presque une suite logique pour Xavier Duchemin. D'autant que les résultats, comme annoncé par son prédécesseur Jean-Philippe Imparato, (aujourd'hui directeur général de la marque Peugeot) sont dans le vert : 7 milliards d'euros de chiffres d'affaires en Europe, dont la moitié réalisée en France, 300 sites de distribution dont 130 en France et une vingtaine qui affiche les trois couleurs du groupe (Peugeot, Citroën et DS), 300 000 VN vendus et 200 000 VO (en Europe) et surtout une rentabilité enfin retrouvée.

« PSA Retail enregistre une bonne année 2016 et affiche aujourd'hui son redressement. La filiale de distribution du groupe est rentable, comme prévu, mais nous devons poursuivre le développement et continuer à améliorer nos résultats », affirme Xavier Duchemin.

Concession 2.0

Sur l'activité véhicules neufs, le groupe va prochainement inaugurer un nouveau site parisien qui sera pilote pour le concept 2.0. Les trois marques y seront exposées mais l'expérience sera également digitale. Le groupe travaille notamment sur une nouvelle approche du parcours client et surtout la mesure de son efficacité.

Plateforme digitale pour l'occasion

Ce sera sans doute l'un des développements majeurs de l'année 2017 pour le groupe. Avant la fin de l'année, PSA Retail doit proposer un nouveau site internet dédié pour revendre ses occasions, dont le nom ne mentionnera pas les marques Peugeot, Citroën ou DS. Dans l'esprit, il s'agira de créer l'équivalent de ce que PGA Motors a pu faire avec Autosphère, avec une offre spécifique de véhicules à petits prix, compris entre 6 000 et 10 000 euros environ. Le véhicule d'occasion va bénéficier d'une attention particulière, que ce soit au niveau de la reprise, de la préparation et de la rotation. Pour l'instant deux sites de préparation existent dans le groupe, la première basée à Lille et la seconde en Grande-Bretagne. PSA Retail envisage également la possibilité de mettre en place des synergies avec Aramis 

« Sur le sujet du véhicule d'occasion, nous observons de très près les pratiques en Grande-Bretagne où les professionnels sont en avance sur le sujet, avec une approche client très intéressante », ajoute Xavier Duchemin.

40 % du commerce pièces de rechange

Pilier de rentabilité essentiel d'une concession, l'après-vente fait l'objet d'une attention toute particulière. Face à un taux de couverture des frais fixes compris entre 50 et 60 %, les sites de PSA Retail se situent dans la moyenne du marché mais positionnés surtout dans les grandes villes, les charges y sont également plus importantes. 

« Sur 10 ans, nous assistons comme l'ensemble de la profession, à une baisse de l'ordre de 20 % des entrées à l'atelier. Mettre les trois marques sur un même site relève ainsi du bon sens notamment dans les grandes villes. Mais il faut également être innovant dans le contact client », poursuit Xavier Duchemin. 

Les Service Racing existant chez Citroën et Rapide Duo chez Peugeot (accueil et prestation réalisée par deux techniciens) seront ainsi déployés dans tous les sites pour faire gagner du temps au client et optimiser le diagnostic. La distribution de la pièce de rechange voit également sa réorganisation atteindre la phase finale. En Europe, PSA Retail doit compter 35 plateformes de pièces de rechange
En France, 13 plateformes seront détenues par la filiale de distribution. En Europe et d'ici à quelques mois, ce sont 40 % du commerce des pièces de rechange qui seront gérés par PSA Retail. L'espace libéré dans les sites par la disparition des magasins locaux, permettront le développement d'ateliers Eurorepar, la présentation de VO supplémentaires ou encore le déploiement d'une offre de location avec Free2Move.

« Tout le monde parle de rentabilité en mètres carrés sauf dans la distribution automobile. A nous de rentabiliser ces espaces tout comme les effectifs. Plutôt que de parler de masse salariale seule, nous préférons observer le ratio effectif sur chiffre d'affaires. Si nous tenons nos objectifs de développement, nous pourrons préserver nos effectifs qui aujourd'hui s'élèvent à 10 000 personnes en Europe », affirme Xavier Duchemin.