C'est un terrible revers pour PSA. En se retirant d’Iran, sous la pression des Etats-Unis, le constructeur devra sans doute renoncer à son objectif d’atteindre les 4 millions de véhicules vendus dans le monde cette année.

Il y a deux ans, le groupe PSA revenait en force en Iran avec la signature d’une première coentreprise avec Iran Khodro, le 21 juin 2016, suivie d’un second accord avec Saipa, signé le 6 octobre. Ce développement faisait suite à la levée des sanctions internationales contre l'Iran, le 16 janvier 2016. Dès lors, l’Iran figurait parmi les principaux leviers de croissance du groupe à l’international.

Tout s'effondre. PSA a commencé le processus de suspension des activités de ses coentreprises dans le pays. Il entend ainsi se conformer à la loi américaine d'ici le 6 août 2018".

Quelles pressions les Etats-Unis peuvent-ils faire sur PSA?


Malgré des protestations des alliés européens, les autorités américaines tentent d'imposer un embargo vis-à-vis de Téhéran, depuis leur retrait de l'accord sur le nucléaire iranien décidé unilatéralement et annoncé début mai.

Reste à savoir pourquoi PSA obéit aux injonctions américaines, alors qu’il ne vend aucun véhicule aux Etats-Unis où il pourrait subir des pressions directes. Ses ambitions d’implantation en Amérique du Nord via sa filiale de mobilité Free2Move restent très modestes en comparaison de l’enjeu iranien. En revanche, la forte implantation de sa filiale Faurecia outre-Atlantique a sans doute pesé dans sa décision de se retirer du pays.

Le groupe avait vendu l'an dernier 444.600 véhicules en Iran, où il est traditionnellement bien implanté. Il s'agissait l'an dernier de son premier marché étranger devant la Chine (382.800 unités), le Royaume-Uni (279.100), l'Italie (265.200) et l'Allemagne (257.800).


La dernière carte d'une dérogation


Sans l'Iran, l'objectif proclamé par le PDG Carlos Tavares de dépasser cette année la barre des 4 millions de véhicules écoulés, serait compromis alors qu'il était à portée de main grâce au rachat d'Opel/Vauxhall bouclé durant l'été 2017.

Cela dit, en termes financiers, les activités de PSA en Iran représentent "moins de 1% de son chiffre d'affaires".

Cette annonce "ne modifie ni les objectifs généraux" de son plan stratégique Push to Pass, ni "les orientations financières actuelles", a précisé le groupe.

PSA vend en Iran essentiellement des anciens modèles de citadines, Peugeot 206, et de berlines, Peugeot 405, de fabrication locale.

PSA souligne aussi qu'il "est en contact avec les autorités américaines pour envisager une dérogation", "avec le support du gouvernement français", dans l'espoir de pouvoir poursuivre son activité.