Airparif, l’association de surveillance de la qualité de l’air en Ile-De-France, a dressé un bilan plutôt mitigé en 2014. On observe une nette amélioration de la qualité de l’air en général. Mais on constate une forte  concentration de certains polluants. Au delà des normes réglementaires.

L’année 2014 a été la plus chaude depuis 1900, les températures étaient supérieures aux normales de saison avec un été pluvieux et un hiver chaud, ce qui a entrainé une baisse conséquente des émissions liées au chauffage. Cette météorologie favorable masque le fait que certains niveaux maximum imposés par la réglementation ont parfois été dépassés.

Non aux coups ponctuels!
Mettre en place des actions permanentes


La circulation des véhicules est la première source de pollution, la PM10 et le NO2 dépassent la « norme à respecter » le long du trafic.
Les particules PM10 et PM2.5 et le dioxyde d’azote (NO2) font partie des 5 polluants problématiques aux côtés de l’ozone (O3) et le benzène (C6H6). Selon Airparif, ces particules posent problème pour 2.3 millions de franciliens, plus précisément pour les habitants de l’agglomération et vivant près des grands axes routiers tels que l’A1 et l’A6. La circulation des véhicules est la première source de pollution, la PM10 et le NO2 dépassent la « norme à respecter » le long du trafic.

Pour modifier les épisodes de pollution, le directeur d’Airparif, Frédéric Bouvier, affirme qu’il faut « agir sur cette pollution quotidienne en mettant en place des actions permanentes, les émissions proviennent de l’activité humaine et des conditions météorologiques ».

Il est nécessaire de prendre les choses en main car la Commission Européenne a engagé des procédures de contentieux à l’encontre de la France pour non-respect des valeurs limites. Par ailleurs, l'Automobile Club Association dénonce également les effets d'annonces inefficaces.

La circulation alternée : une solution efficace ?


La circulation alternée a permis une baisse de 6% de particules et de 10% en oxyde d'azote.
Même si la France reste en dessous des seuils, 16 pics de pollution ont été enregistrés en 2014 (36 jours en 2013), néanmoins, ils se sont concentrés exclusivement sur le mois de mars. De ce fait, le 17 mars 2014, la circulation alternée était de rigueur, la logique paire/impaire a évolué sur Paris jusqu’à la grande couronne.

Depuis 1997, aucune mesure de ce type n’avait été mise en place, pourtant Airparif enregistre un fort impact pour cette deuxième opération : le trafic a diminué de 18% à Paris et de 13% en Petite couronne, ce qui entraine un effet immédiat : une baisse de 6% de particules et de 10% en oxyde d’azote.

Jean-Félix Bernard, président d'Airparif.
Pour Jean-Félix Bernard, président de Airparif, l’efficacité de la circulation alternée est réelle : « J’espère sortir un jour de ce débat sur l’efficacité de la circulation alternée, on a enregistré une baisse nette des polluants pendant cette durée. On ne va pas démontrer l’efficacité à chaque fois car on sait que la première source de pollution est le trafic».

L’OMS tire la sonnette d’alarme.

A l’image de l’iceberg, les 16 épisodes de pollution de 2014 représentent la partie immergée, l’urgence est ponctuelle, mais il existe une partie submergée, la pollution chronique qui est là toute l’année. 

«Nous respirons 365 jours sur 365 jours par an, il est vital de prendre des mesures de réduction sur toute l’année » s’indigne Frédéric Bouvier.

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et l’OCDE (l’Organisation de Coopération et de Développement Economique), l’estimation du coût des impacts sanitaires de la pollution de l’air s’élève à 48 milliard d’euros par an seulement pour la France (2,3% de son PIB).

L’OMS tire la sonnette d’alarme, la pollution de l’air à elle seule est un énorme risque sanitaire. Le PNUE (Programme pour l’environnement des Nations Unies) constate que 2.4 millions de décès prématurés liés à la pollution de l’air extérieur peuvent être évités chaque année d’ici 2030, ainsi c’est la première cause de mortalité environnementale.

2015, l’année où il faut agir

Les spécialistes de la santé quant à eux estiment que 42 décès ont été anticipés en France

Pour le directeur de Airparif, « l’objectif maintenant est de protéger les personnes fragiles comme les enfants ou les asthmatiques, la problématique la plus préoccupante est l’exposition de ceux qui vivent près des axes routiers où les particules se déposent le plus ».

Les risques cardiovasculaires et respiratoires sont notables et pour Airparif, 2015 est l’année de l’air et du climat dans le sens ou plusieurs axes de sensibilisation vont être mis en place.

Une nouvelle station prendra place à la Tour Eiffel afin de mesurer le taux de CO2, en permanence, cela anticipera une nouvelle appréhension des chiffres  pour les franciliens.
Pollution à Pékin
Carte Hor'air


Le système Cartes Hor’air est à disposition des habitants, il met en lumière, sur une carte haute définition, leurs déplacements, ce qu’ils risquent en termes d’exposition et ce qui pourrait impacter. Le plan climat de Airparif est travaillé à l’international en collaboration avec Pékin et Téhéran dans un souci d’amélioration de l’information et de l’expertise française.