Quand les bonus se restreignent, les habitudes reviennent au galop ! Les automobilistes français n'achètent pas assez de voitures dites propres depuis le début de l'année. Ou plutôt, ils plébiscitent trop les véhicules à essence, puisque le seul élément objectif d'appréciation de la propreté des voitures neuves en France demeure leurs émissions de CO2.

Voici la tendance début mai, selon le service de l'observation et des statistiques du ministère de l'Environnement : "Les émissions moyennes de CO2 des voitures sont en hausse de 1g, soit un troisième mois consécutif de hausse. Elles s'établissent à 111,4 g/km" indiquent les statisticiens. Avant de préciser aussi qu'en avril "la part des voitures bénéficiant d'un bonus est de 1,1%, elle chute de 3,4 points après avoir baissé de 0,7 point sur les deux derniers mois". A l'inverse, la part des voitures "malussées" progresse de 0,7 point pour se fixer dorénavant à 17,2% des ventes, "soit son plus haut niveau depuis janvier 2015".

Le problème (du strict point de vue des émissions de CO2) commence à être connu. Les immatriculations de voitures neuves à essence sont supérieures à celles des diesels à l'heure actuelle (47,6% pour l'essence, 47,5% pour le diesel sur le quadrimestre). Or, un moteur à gazole émettra toujours moins de CO2 que son homologue au sans-plomb, d'où la remontée des valeurs moyennes d'émissions... Mais la bascule entre les deux énergies favorites des Français n'est pas le seul facteur à prendre en compte.


Les immatriculations d'hybrides et d'électriques peuvent en effet être considérées comme insuffisantes, du moins pour peser sur les émissions moyennes de tous les véhicules neufs. Ainsi, le mois dernier, la part des hybrides "recule de 0,8 point, soit un troisième mois consécutif de repli" pour se fixer à "2,8%". La baisse est intégralement le fait des hybrides non-rechargeables, car les hybrides rechargeables stagnent "à 0,4%" selon les statisticiens. Sur les quatre mois écoulés, les ventes d'hybrides sont certes en hausse en volume par rapport à la même époque en 2016, mais ne représentent que 3,7% des immatriculations totales.
Une logique qui se retrouve aussi sur les véhicules électriques. Les ventes sont orientées à la hausse, mais en parts de marché, c'est l'inverse qui se produit pour ce qui est d'avril (-0,8 point). Sur le quadrimestre, la part est stable à 1,2% des VN.

Les services du ministère de l'Environnement expliquent ce phénomène par un simple fait : "L'exclusion du bonus des voitures hybrides non rechargeables livrées depuis le 1er avril 2017" car "celles commandées avant le 1er janvier 2017 et livrées avant le 1er avril bénéficiaient encore du bonus".
A l'occasion de la discussion du projet de loi de finances 2017, pourtant, le député en charge de la mission "Aide à l'acquisition des véhicules propres" (soit du bonus-malus) avait noté que "le projet de loi recentre les aides en faveur des véhicules les plus vertueux et accentue la pression fiscale sur les véhicules les plus polluants". Des faits 100% exacts. Mais leurs conséquences sont totalement inverses au but recherché !
Le projet de loi de finances prévoyait en outre l'immatriculation de 6000 hybrides rechargeables neufs cette année, et de 52 000 électriques. En quatre mois, 43% de l'objectif a été réalisé pour les hybrides. Pour les électriques, seulement 17%.