Silencieux, sombre, glauque. Le parking souterrain ne fait pas rêver et n’a rien d’alléchant pour faire fructifier son business. Pourtant, certaines places peuvent être propices au commerce. Les premiers à investir ces lieux ont été les spécialistes du lavage, comme Autobella, ParkéO ou Autoclean. D’autres acteurs de l’automobile n’ont pu résister à cet engouement consistant à créer un nouveau concept de services aux automobilistes pendant qu’ils vaquent à leurs occupations et ce, sans entamer leur capital temps. À chacun sa manière et ses objectifs.
entrée parking indigo et logo midas
Ce parking n'a pas été choisi au hasard
Parmi les professionnels de la réparation et de l’entretien courant, Midas a donné l’élan. L’enseigne expérimente depuis juin 2017 une nouvelle forme de centre de réparation rapide, appelé « satellite », au coeur de parkings souterrains. Loin de n’être qu’une expérimentation, ce projet est né place Abel-Gance, à Boulogne-Billancourt (92), dans l’un des 4 600 parkings du groupe Indigo dans le monde (2,3 millions de places de stationnement).
Un site de choix, puisque de nombreuses entreprises, telles que TF1 ou Canal+, y ont élu domicile quelques étages plus haut et y abritent leur flotte automobile. Sur les 525 places, le satellite en occupe 7, soit une surface de 80 m2, et est équipé de deux ponts élévateurs. 

« Une synergie complète » 

Pour le mettre en route, Midas a investi plus de 60 000 € et a embauché deux techniciens. Les nouveaux collaborateurs sont encadrés par le Midas local, les deux antennes étant situées à proximité l’une de l’autre.

« Nous opérons une synergie complète avec le centre d’à côté, celui de Marcel-Sembat, humainement et même pour les équipements et les pièces. Nous nous sommes implantés à côté pour des raisons logistiques, mais également pour le soulager et le délester de ses flux. Nous sommes satisfaits de cette stratégie », souligne Bertrand Cormier, directeur général de Midas France.

Surtout, en cas d’interventions mécaniques trop lourdes, les véhicules partent en sous-traitance dans l’antenne toute proche. Cette stratégie a aussi été développée chez Euro Repar Car Service, filiale de PSA, qui compte ouvrir son propre concept d’ici à la fin du semestre, mais, cette fois, dans le parking d’un grand centre commercial parisien (dont ni le nom ni le lieu n’ont été dévoilés). Selon Florian Grimault, responsable marketing, communication et digital de l’enseigne, l’atelier occupera une dizaine de places, soit 100 m2. Il est composé de deux zones de travail et d’un espace d’accueil clientèle. Ce laboratoire se nommera Euro Repar Service City.  

« Nous allons procéder comme ces restaurants aux cuisines ouvertes, où les clients peuvent découvrir la préparation de leurs plats en direct. Nous expérimenterons nous aussi cette idée en parking », ajoute le dirigeant.

plan garage euro repar car service centre commercial
Le projet s'appuiera dans un premier sur cinq salariés.
plan atelier euro repar car service
D'autres implantations de ce type devraient suivre dans les prochains mois.
Là aussi, il sera implanté près d’un atelier du réseau PSA. La livraison des pièces ne sera alors pas un problème avec les plaques Distrigo qui pullulent… Pour les deux enseignes, conquérir ces lieux de vie est une nouvelle approche, tant pour compléter le maillage que pour garantir une meilleure proximité. Rappelons que ce dernier critère est souvent le principal pour les clients, devant le prix et le service, quand il s’agit de faire réparer leur voiture. Et dans ces parkings, on peut difficilement faire plus près ! Qu’ils soient clients de l’une ou l’autre enseigne, les automobilistes pourront déposer leur voiture le matin avant d’aller travailler et la retrouver révisée ou réparée le soir même ou deux heures après leurs courses ou leurs loisirs. « Avec ce service complètement intégré et conforme à notre signature, nous sommes véritablement lancés dans la mobilité de demain. C’est une continuité », affirme Bertrand Cormier (Midas)

Sous la main et sous la roue 

Son confrère d’Euro Repar Car Service va plus loin en disant vouloir « investir ces lieux de vie pour s’immiscer au coeur du quotidien des clients » :

« Nous allons faire en sorte de ne pas rompre leur mobilité. C’est aller au-delà de ce que l’on connaît actuellement, car oui, toutes les contraintes de temps et d’organisation n’existeront plus. »

Le client aura bientôt tout sous la main et sous la roue. Les spécialistes du stationnement s’engagent également dans cette voie, comme avance Sébastien Fraisse, directeur général adjoint et directeur de France Indigo : « Le partenariat que nous venons de nouer avec Midas illustre notre volonté de connecter nos parkings aux besoins de nos clients. Nous avons pour objectif d’enrichir leur expérience et de leur mettre à disposition des services optimisant leur temps de stationnement Le dirigeant aurait également pu évoquer le taux de remplissage des parkings, qui sera sans doute meilleur. C’est, par exemple, l’objectif de Saemes, qui vient d’accueillir un service de voituriers de luxe dans l’un de ses parkings souterrains parisiens. L’expérience client est à son paroxysme pour sortir des sentiers battus et du format traditionnel. 

Conquête des flottes

Partir à la conquête de nouveaux territoires comme les parkings souterrains dit forcément élargir son panel de clients. D’autres prospects entrent alors en jeu. « L’association avec Indigo nous permet de franchir un nouveau cap et de nous intéresser d’un peu plus près à une cible stratégique », lance Bertrand Cormier. Midas a, depuis deux ans, entamé une démarche de conquête auprès des flottes d’entreprises et des gestionnaires de parc, en leur facilitant l’accès à l’entretien. Si les tests du satellite se révèlent concluants, le dirigeant compte développer le concept en France et se rapprocher des entreprises. Mais les premiers retours sont en deçà des objectifs prévus par l’enseigne.

« Le premier bilan est nuancé. Nous allons par conséquent lancer une campagne de communication pour éviter les prestations épisodiques », avoue Bertrand Cormier.

Nous n’en saurons pas plus. Comme pour tous les nouveaux projets, le retour gagnant peut prendre du temps. D’autant qu’il faut savoir tout apprivoiser. Les contraintes sécuritaires et environnementales sont aussi importantes qu’à l’extérieur, si ce n’est davantage.

« Au fur et à mesure, nous avons découvert tout l’aspect réglementaire. S’il ne limite pas les ambitions, c’est en revanche un véritable apprentissage. Mais aujourd’hui, nous pouvons dire que nous maîtrisons tout », admet Florian Grimault (Euro Repar Car Service).

De fait, les deux enseignes ne se sont pas fixé d’objectif, elles évoquent seulement les termes « test » ou encore « laboratoire ». « Nous faisons les choses dans le bon ordre et évitons d’ouvrir des sites à outrance, car c’est un autre modèle économique. Mais si notre développement de franchisés doit passer par de petits satellites Midas, nous le ferons au bon rythme », se projette Bertrand Cormier.
Deux autres projets de mini-succursale sont à l’étude en Île-de-France pour Midas. Selon Florian Grimault, un centre commercial moyen en France peut drainer plus de 10 millions de personnes par an. Sa seule aspiration alors est « d’aller là où c’est possible ».  

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