La Voiture moyenne d’occasion 2017 se rapproche de la Voiture moyenne neuve, dont le portrait-robot a été révélé dans L’argus Pro du 17 mai dernier. Elle reste plus lourde (+ 41kg), bien plus forte en cylindrée (+150cm3), mais mesure la même taille (4,24m) et développe quasiment la même puissance (118ch, +1ch). Elle suit surtout logiquement sa pente, avec quelques années de décalage : baisse régulière de la voilure pour réduire la consommation.

480 € d’augmentation en un an


La Voiture moyenne d’occasion a donc cessé de grandir : 1 cm de moins qu’en 2015. Elle a aussi perdu du poids et du volume de cylindrée : 1 334 kg et 1 686 cm3 en 2013, 1 303 kg et 1 607 cm3 en 2017. Malgré le recul du diesel (81% de part en 2013, 68% en 2017), elle s’avère de plus en plus sobre – 0,4l/100 km épargné depuis 2013, sans renoncer au brio. Grâce à un meilleur rapport poids/puissance, elle court le 0 à 100 km/h plus vite (11,2s) qu’en 2013 (11,6s). Son seul bémol concerne le prix. La note grimpe chaque année au-delà d’une inflation devenue quasi nulle. Elle coûtait 13 985€ en 2013, la voici rendue à 15 590€, après avoir pris 480€ en un an, soit une augmentation de 2,7% entre 2016 et 2017. Consolation, la Voiture moyenne neuve 2017 de France a fait pire : + 3,4% entre 2016 (25 828€) et 2017 (26 717€).


La Voiture moyenne d’occasion peut avancer un argument pour justifier son renchérissement : son kilométrage annuel diminue. Cela accroît sa valeur résiduelle : 54% en 2013 pour 15 815 km, 56 % en 2017 pour 14 641 km. Pour la première fois, elle a rajeuni. De très peu, certes, à peine une dizaine de jours : 43,1 mois en 2017, 43,4 mois en 2016. Mais jusqu’à présent, son âge au moment de la transaction ne cessait d’augmenter (39,3 mois en 2013).

Le nouveau démode l’ancien


L’analyse de l’évolution du prix d’achat de la Voiture moyenne 2017 d’occasion révèle des distorsions d’un segment à l’autre. Il a bondi chez les grands monospaces (20 918€, +10%) et les familiales (20 212€, +9%), deux segments où le nombre de transactions est en baisse. Il continue de diminuer chez les petits SUV, catégorie en vogue où l’afflux de nouveaux modèles démode les anciens : 15 958€ en 2016 (–2%), 15 199€ en 2017 (–5%). Forte somme quand même : 4 600€ de plus qu’une citadine polyvalente d’occasion au gabarit proche, presque le même prix que la Voiture moyenne d’occasion à dimensions et puissance inférieures…


Mais l’afflux de nouveaux modèles démode vite les anciens et les constructeurs ont progressivement doté les petits SUV de moteurs moins vigoureux pour les rendre accessibles à un plus large public. Le propriétaire est pressé de vendre pour en acheter un nouveau, les acheteurs trépignent. Les petits SUV ont ainsi décroché trois palmes en 2017 : progression du nombre de transactions (+ 33%), plus jeune âge à la revente (27 mois) et, par conséquent, vigueur de la valeur résiduelle (66%).


Comment L’argus procède

L’argus fait désormais écho à son étude sur la Voiture moyenne de France, publiée depuis 1953, en traçant le portrait de la Voiture moyenne d’occasion. Ou plutôt d’un type de voitures d’occasion : celles vendues par des professionnels à des particuliers. Soit un tiers des transactions en 2017 :1,71 million, sur un total de 5,58 millions. Mais son évolution depuis 2013 indique en quel sens vont les VO en France. Pour définir les vingt composantes de la Voiture moyenne d’occasion, L’argus a mobilisé sa base de données et ses valeurs exclusives issues de ses logiciels de gestion Planet VO et Cardif VO, puis les a croisées avec les informations du référentiel Argus, base de données exhaustive de véhicules commercialisés en France depuis 1999.

-Retrouvez l'intégralité de l'étude consacrée à la Voiture moyenne d'occasion dans le prochain numéro de L'argus pro (n°4533)