Face à l’arrivée des véhicules connectés et autonomes et à l’évolution des nouvelles habitudes des automobilistes, pas facile pour les experts automobiles de trouver leur place.

« Nous nous devons de rendre des rapports d’expertise de véhicules dangereux ou pas, ou gravement endommagés pour le droit à circuler. Il en va de la sécurité des conducteurs et c’est pour cela que nous voulons nous rapprocher d’eux », souligne François Mondello, nouveau président de l’Alliance nationale des experts en automobile (ANEA).

L’organisme a donc créé une filiale nommée "ANEA Prospective et communication", présidée par Laurent Hecquet, qui a pour but de « s’ouvrir au marché des particuliers et de leur donner de précieux conseils », explique l’élu. D’après lui, sur plus de 3 millions de sinistres en France, la perte totale des véhicules est estimée à 10%, soit plus de 350 000 personnes qui doivent racheter un véhicule. L’objectif est donc de créer un label pour ainsi développer et créer de nouveaux services de conseils à destination des particuliers comme sur la réglementation, les devis de réparation, la sécurisation des transactions VO, l’écodiagnostic, etc.

La protection du consommateur et la sécurisation de son véhicule est une problématique de plus en plus importante du métier d’expert. Et l’histoire des 5 000 véhicules gravement endommagés (VGE) maquillés en VO en 2015 (faux rapports d’expertise) a été un « bon » électrochoc pour la profession.

« Ce fut un véritable coup de bambou car c’est notre image, encore une fois, qui a été salie. Mais cette affaire nous a aidés, elle a permis de dialoguer avec les pouvoirs publics et de leur prouver que nous pouvions jouer un rôle fondamental en interne », appuie François Mondello.

Ainsi « pour éliminer les brebis galeuses de la profession », plusieurs moyens ont été mis en place. Depuis début janvier 2017, les bons gestes et les bons réflexes sont de rigueur. Les experts ne peuvent plus déposer leurs rapports en préfecture mais doivent les soumettre au concentrateur de l’ANEA, sorte de plateforme numérique de contrôle, pour être enregistrés et validés dans sa nouvelle base Data.

Concernant la déontologie, le ministère de l’Intérieur vient d’engager des travaux, à la demande de l’ANEA, pour un projet de loi fin qui verra le jour en septembre 2017. La version retenue devra mettre en exergue un référentiel métier et définir le rôle ainsi que la place de l’expert dans le code de la route, à savoir, délimiter et caractériser leurs relations avec leurs collaborateurs directs comme les assureurs, les réparateurs et également les automobilistes.

A noter également qu’un arrêté de la cour de cassation vient de confirmer le rôle économique de l’expert dans le chiffrage d’une réparation. Ce texte fait office de jurisprudence sur laquelle il appartient désormais à l’expert de se prononcer sur le tarif horaire applicable des carrossiers et se baser sur les prix publics pratiqués par les professionnels voisins lorsque l’expertise a lieu dans un garage non-agréé. Une liberté d’évaluer les prix jusqu’alors toujours remise en cause. Selon François Mondello, « le consommateur ne sera plus l’otage de l’atelier et gardera son indépendance ». Cette décision a été prise dans le cadre d’un conflit opposant un carrossier et un assureur.