Fondée en 2013, la start-up française Reezocar, qui se présente comme un moteur de recherche spécialisé sur le véhicule d’occasion, recense à ce jour entre 8 et 9 millions d’annonces émanant d’une trentaine de sites Internet européens. A la différence des infomédiaires automobiles traditionnels, qui se rémunèrent principalement sur les abonnements commercialisés auprès des vendeurs, la société a, elle, choisi d’axer son business model sur l’acheteur d’un VO. Ainsi, Reezocar a mis sur pied une équipe de conseillers commerciaux dont le rôle est d’accompagner et d’aiguiller les prospects dans leur recherche de voitures. « Nous ne sommes pas intéressés sur le prix du véhicule mais sur la satisfaction du client, via la vente de services », résume Laurent Potel, l’un des trois fondateurs.

La sélection des produits selon les besoins et les envies formulés par le client, la collecte d’informations auprès du vendeur, la négociation du prix et l’expertise du véhicule sont autant de prestations proposées par la start-up. La recherche du véhicule est facturée 240 €, uniquement en cas de succès. La société revendique à ce jour un taux de concrétisation moyen de 10 %. Par ailleurs, le fruit de la négociation engagée avec le vendeur est partagé entre l’acheteur et Reezocar.

Une offre européenne de VO


Reezocar
Laurent Potel, co-fondateur de Reezocar
Selon Laurent Potel, 95 % des acheteurs ont choisi de faire appel à un expert avant d’acheter un véhicule. Cette prestation est facturée 189 € en France (réalisée par Experveo) et 249 € pour un véhicule présent à l’étranger (via d’autres réseaux). L’expertise réalisée répond à un cahier des charges déterminé par Reezocar. « Nous apportons de la transparence là où, habituellement, tout est opaque, de la confiance sur un marché où il y a beaucoup de défiance, et enfin de la bienveillance, une caractéristique qui manque dans l’automobile », revendique Laurent Potel. Comme 70 % des véhicules d’occasion choisis proviennent de pays étrangers, la prestation livraison se révèle régulièrement plébiscitée. Les livraisons peuvent être assurées par camion (plus long mais moins cher), par des chauffeurs labellisés Reezocar ou réalisées au sein du siège de la société, à Boulogne-Billancourt. A ce jour, la société ne dispose de pas de réseaux d’agences qui couvrent le territoire. « A un moment donné, tous les acteurs du Web se posent la question de proposer une expérience retail. Mais, dans notre cas, je ne suis pas certain que le développement d’agences soit à la fois synonyme de croissance et d’augmentation de la satisfaction client. Nous observons d’ailleurs le contre-exemple dans le secteur du tourisme, qui migre du physique au digital », juge Laurent Potel.

En 2017, la start-up va étendre sa palette de prestations en y intégrant une offre de financement. « En septembre dernier, 15 % des prospects déclaraient vouloir faire du financement avec Reezocar. Ce développement va ainsi nous permettre d’accompagner nos clients, qui souhaitent bénéficier d’une offre clé en main, mais également d’en conquérir d’autres », indique le dirigeant. Reezocar a signé un accord avec Crédit Agricole, qui court sur trois ans, qui va lui permettre de distribuer les produits de la marque Sofinco. Une première offre de financement classique sera proposée sur le site au premier trimestre.


Réflexion avec Midas et Norauto sur l’entretien



Fortement sollicitée également sur les problématiques d’entretien, la société réfléchit actuellement à la mise en place d’une offre aux côtés des réseaux Midas et Norauto. Les deux enseignes appartiennent au groupe Mobivia (Via ID), l’un des trois acteurs qui a participé à la levée de fonds de 3 millions d'euros en septembre 2016 (aux côtés de Kick Club et Kima Ventures). « L’enjeu consiste à proposer la meilleure offre au meilleur moment. La question est aussi de savoir comment Reezocar peut être présent dans les centres Midas ou Norauto pour faciliter l’achat », soulève Laurent Potel, qui reste encore très évasif sur le sujet pour l’instant. Le dirigeant n’en dira pas davantage non plus sur les pays que la société investira en 2017.

Dans les prochains mois, et conformément aux ambitions affichées l’an passé, la startup annonce l’embauche d’une trentaine de nouveaux collaborateurs (conseillers et informaticiens).