Imaginée pour faire des économies de personnel, la réforme des préfectures est pour l'instant un fiasco, du moins pour ce qui concerne la délivrance des certificats d'immatriculation. Selon une information divulguée par Force Ouvrière et confirmée par le ministère de l'Intérieur à L'argus, un Centre d'expertise et de ressource des titres (Cert) éphémère chargé de s'occuper des cartes grises va ouvrir le lundi 19 février à Amiens. Ce Cert s'installera directement dans les locaux du Cert pérenne déjà existant, il viendra en quelque sorte le seconder : " Il s'agit de la solution proposée par le ministère de l'Intérieur pour traiter les stocks de cartes grises" indique FO préfectures, "il y a des stocks sur l'ensemble des dossiers".

Selon le syndicat, outre les bugs et autres problèmes qui n'avaient même pas été envisagés lors du transfert d'un système départemental à un système national en novembre dernier, un autre souci est désormais indéniable : les 5 Cert de France qui traitent les immatriculations sont "sous-dimensionnés au niveau des effectifs". Un fait que la place Beauvau a bien du mal à contester, puisque selon ses services, "l'administration s'est beaucoup renforcée en janvier" en matière de personnel. FO Préfectures détaille l'affaire : "Il y a eu des recrutements de contractuels dans tous les Cert. A Nîmes, ils sont 68 alors que le centre avait été dimensionné pour un effectif de 45 à 50 personnes".
Outre le Cert éphémère de la Somme, une autre structure temporaire devrait aussi ouvrir à Paris.

De 300 à 50 appels par jour


En novembre dernier, les professionnels de l'automobile avaient eu pour certains les plus grandes difficultés à faire passer leurs dossiers de demandes d'immatriculation. L'affaire semblerait plus ou moins réglée selon le CNPA : "Cela va mieux, mais nous pâtissons encore de l'embouteillage de fin décembre et des bugs sur certaines procédures" explique le syndicat professionnel, qui possède un baromètre infaillible sur le sujet : "Nous sommes passés de 300 appels par jour à une cinquantaine aujourd'hui".

Il faut désormais se tourner vers les particuliers pour envisager le problème : retards d'envoi des certificats, impossibilité de joindre qui que ce soit pour les cas spécifiques, absence totale de suivi des certificats de cession des véhicules... La liste des doléances et des cas concrets inonde la toile et les conversations de quiconque a eu à immatriculer un véhicule récemment.
Le ministère de l'Intérieur tient tout de même à préciser que les choses ne vont pas aussi mal que l'on pourrait croire : "L'immense majorité des dossiers de cartes grises sont traités dans des délais tout à fait raisonnables" fait-il savoir. Les stocks seraient en réalité constitués de demandes qui n'ont pas abouti en raison d'un document manquant, d'une case mal remplie, etc. Et ceux-ci "continuent d'augmenter" de l'aveu du ministère, ce qui n'avait pas été "totalement anticipé" par les intéressés...