L’épidémie du dieselgate continue. Après les révélations fracassantes du rapport de la DGCCRF sur une possible tromperie dans les tests antipollution de Renault par le biais de logiciels truqueurs, une avalanche de plaintes pourrait bien tomber sur la tête de ce dernier. Plusieurs associations de consommateurs ont annoncé vouloir se porter partie civile dans cette affaire. UFC Que Choisir et l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV) ont donc ouvert les vannes.

"Comme pour le scandale Volkswagen, nous souhaitons avoir accès au dossier et débattre des tenants et aboutissants devant un juge d’instruction et non pas par le biais d’articles de presse interposés. Nous voulons que celui-ci mène son instruction en toute indépendance et dans le respect des lois de défense », selon Isabelle Manevy, juriste UFC Que Choisir.

Si les préjudices économiques sont avérés, l’association lancera alors une action de groupes autour du parquet. Et la CLCV pourrait bien la rejoindre. Car elle souhaite également défendre les intérêts des consommateurs devant la justice.

« Le rapport de la DGGCRF n’est pas encore public et semble très sévère à l’égard de Renault. Notre avocat se penche sur l’affaire et nous allons porter plainte pour tromperie aggravée et pratiques commerciales déloyales auprès du procureur de la République. Nous supposons que le parquet ouvrira une information judiciaire par la suite », annonce François Cardier, délégué général de la CLCV.

L’action pénale devra donc déterminer s’il y a eu tromperie ou pas. Selon lui, les préjudices pourraient concerner plus de 900 000 véhicules. « La conséquence est quand même lourde puisqu’il y a abus de confiance », ajoute-t-il.

Ces deux associations inviteront les consommateurs à se faire entendre courant de l'année. Tout comme la fédération France nature environnement (FNE) qui estime que les propriétaires de Renault pourraient déposer plainte à titre individuel ou même en groupe.

« Nous sommes satisfaits de ces accusations car elles concordent avec nos opinions. Nous sommes en reconstitution de dossier mais nous allons porter plainte pour atteinte à la santé du citoyen (à confirmer par le réseau juridique de la FNE) », affirme Charlotte Lepitre, coordinatrice de la FNE.

Elle suggère ainsi qu’il n’y ait pas qu’une simple amende mais bien une action sur les véhicules, soit un plan de rappels ou le retrait de l’homologation. « Nous ne voulons pas que le citoyen et son véhicule soient oubliés dans cette affaire ». Charlotte Lepitre rappelle que le conducteur est la première victime de la pollution car il y est quatre fois plus exposé dans l'habitacle de son véhicule.