Carlos Ghosn avait le sourire lorsqu’il a présenté à la presse les « bons » résultats financiers de Renault pour 2017, ce vendredi 16 février 2018, d’autant qu’il venait d’être reconduit comme PDG du groupe français, grâce au soutien de l’Etat.

C’est en fait un quadruple record que le patron du groupe français peut s’enorgueillir d’avoir battu : de ventes, de chiffre d'affaires, de marge opérationnelle et de bénéfice net.

Les 4 records battus


  • Le groupe Renault a d’abord atteint son plus niveau de ventes dans le monde, à 3,76 millions de véhicules, après une progression de 8,5% entre 2016 et 2017.
  • Mécaniquement, cette croissance du volume de ventes a grossi le chiffre d’affaires qui a bondi de 17,7% à un niveau historique de 58,77 milliards d’euros (hors impact de la consolidation d’Avtovaz dans les comptes). Cette dynamique du chiffre d’affaires s’explique aussi par augmentation des ventes aux partenaires : kits de pièces vendus aux partenaires iraniens ou chinois et production de la Micra pour Nissan à Flins. Elle résulte également d’une augmentation des prix de vente.
  • Dans le même temps, le constructeur a réduit ses coûts, grâce aux synergies mises en œuvre avec Nissan, notamment en achetant mieux. Ces économies se sont élevées à 663 millions d’euros. Dans ce contexte, la marge opérationnelle du groupe s’est élevée à 3,85 milliards d’euros, soit 6,6% du chiffre d’affaires (un record).
  • Comme chaque année, Nissan a fortement contribué aux résultats de Renault  en apportant 2,8 milliards d’euros de dividendes. Au final, le résultat net de Renault atteint 5,2 milliards d’euros (+47,1%).

Des risques pour 2018


Carlos Ghosn prévoit pour 2018 un marché mondial en croissance de 2,5%, un marché européen à + 1% et également un marché français à +1% (avec un premier bon premier semestre et un second plus compliqué).

A l’international, où Renault entend faire l’essentiel de sa croissance, il table sur une croissance du marché russe de 10%, du Brésil et de la Chine de 5% et de l’Inde de 6%.
Il veut appuyer ses croissances sur le nouveau Duster, les nouvelles synergies développées au sein de l’Alliance, notamment avec Mitsubishi et sur le développement des marchés émergents sur lesquels il est présent.

Carlos Ghosn ne cache pas qu’il anticipe quelques risques à venir comme l’augmentation du prix des matières qu’il sera difficile de répercuter rapidement dans les prix de vente, l’augmentation du cours de l’euro, qui va renchérir le prix des véhicules fabriqués dans la zone.

Il redoute également des difficultés sur certains marchés matures. Il craint notamment l’entrée en vigueur du WLTP qui touchera les marchés européens à partir de septembre.

«Il y a beaucoup d’incertitude sur ce sujet, il faudra sans doute mettre en œuvre des technologies plus coûteuses. » a-t-il reconnu.

Dans ce contexte, il entend augmenter encore le chiffre d’affaires et maintenir la marge opérationnelle au-dessus de 6%.

Les ambitions pour 2022


Dans nouveau plan Drive the Future qui va jusqu’à 2022, il ambitionne de doubler ses ventes hors d’Europe et d’augmenter les parts de marché dans toutes les régions.

Il va notamment s’appuyer sur les 12 pays dans lesquels le groupe dépasse les 100 000 ventes, pour en faire les piliers de la croissance. Dans le même temps, il compte réaliser 4,2 milliards d’euros d’économie, pour atteindre une marge opérationnelle de 7%.