PSA a déjà signé un accord avec quatre syndicats prévoyant pour 2016 une augmentation générale de salaire de 0,6% pour les ouvriers. Chez Renault, c'est également une augmentation générale de 0,6% qui est proposée pour les ouvriers, mais pour 95% d'entre eux, il y  aura des augmentations individuelles de 1,4%.

Pour les employés, techniciens et agents de maîtrise (ETAM) de Renault, aucune augmentation générale n'est proposée mais des hausses individuelles de 2% seront proposées à 95% des personnes. Qui sont ces 5% qui devront se contenter de la portion congrue?

"On est parti de 1,4% d'augmentation, on arrive à 2%", a commenté Bruno Azière, représentant de la CFE-CGC, premier syndicat, qui doit consulter dans la semaine ses équipes.

Pour la CGT (deuxième organisation), la négociation a abouti à "des miettes". "C'est inacceptable et en total décalage" avec "les résultats financiers" et "ce que vont empocher les actionnaires et les rémunérations des principaux dirigeants de l'entreprise".

Contraste entre les augmentations des ouvriers et celles du haut management


Selon la CFDT, troisième syndicat, "Il y avait de grosses attentes, aboutir à une augmentation générale de 0,6% uniquement pour les ouvriers, c'est insuffisant. "Les salaires du top management sont eux en inflation permanente, donc ça coince avec les salariés".
 
Le groupe Renault, qui vient de ravir à PSA la place de première entreprise française du secteur en termes de volumes, a engrangé un bénéfice net record de 3,54 milliards d'euros (+19,7%) en 2016.

Ces résultats vont se traduire par une hausse de l'intéressement versé en 2017 aux salariés pour l'année 2016. Un ouvrier de base touchera ainsi 2.700 euros d'intéressement. Soit 175 euros de plus qu'en 2016, "une augmentation de 7%" quand la marge opérationnelle a "progressé de +38%", pointe la CGT.

En outre, un bonus de 1.000 euros a été annoncé à tous les salariés en récompense des bons résultats permis par l'accord de compétitivité 2013-2016.