« Enfin, les constructeurs s’y mettent ! », pourraient s’exclamer beaucoup d’observateurs. En effet, les nombreux débats concernant l’appartenance des données issues des véhicules connectés, le libre accès aux data ou encore un éventuel monopole des constructeurs ont quelque peu occulté les points les plus pratiques. Quelles seront les données qui seront utilisées, à quelle fin et surtout comment seront-elles exploitées par les équipes après-vente ? A ce stade, peu de réponses concrètes ont été apportées. Sur ce sujet, les constructeurs se montrent particulièrement discrets. Mais les réflexions et les projets vont bon train, en particulier du côté de l’alliance Renault-Nissan.

La marque nippone a ainsi annoncé la semaine dernière qu’elle allait mener en 2017 des tests auprès de clients français via l’installation d’une solution embarquée, qui permettra de mieux appréhender leur utilisation du véhicule, leurs attentes et in fine renforcer l’interaction avec le point de vente. Renault informe qu’il va commencer à travailler sur les données dans le cadre de l’après-vente en 2017.

Identifier les services à valeur ajoutée pour le conducteur


« Nous avons déjà 500 clients en test qui tournent avec des applications sur le véhicule connecté depuis le milieu de l’année 2016, et avec lesquels nous regarder quels sont les services à valeur ajoutée qui leur donnent satisfaction », indique Pierre-Michel Erard, directeur après-vente France chez Renault. Pour Nissan comme pour Renault, le principal enjeu à ce stade consiste à déterminer quels sont les services qui suscitent le plus d’intérêt pour les utilisateurs, et ce dans le but d’affiner le modèle économique.

« Au-delà de la maintenance prédictive, la vraie problématique est d’identifier quels sont les vrais services liés au véhicule connecté qui facilitent la vie du client au quotidien, et pour lesquels celui-ci sera prêt à payer. Parce que l’objectif est que ce service soit très peu cher et accessible au plus grand nombre », soulève Pierre-Michel Erard.

Une solution dongle


Renault, qui s’appuie aujourd’hui sur un parc de 300 000 véhicules équipés de la version 2 de la fonctionnalité R-Link, travaille actuellement sur une solution « dongle » pour équiper l’ensemble du parc.

« A partir du moment où un capteur aura diagnostiqué qu’il est temps d’intervenir sur le véhicule, soit en réparation soit en maintenance préventive, l’idée est que l’information soit envoyée au conducteur et au réparateur identifié comme « son garage préféré ». Cela fait partie des choses qui sont testées. Mais est-ce que ce sera un push-button sur R-link ou sur le smartphone ? Cela fait encore partie des sujets qui ne sont pas définis », souligne le responsable après-vente. Quant à l’application utilisée par les automobilistes, le constructeur imagine un enrichissement de son application existante « My Renault ».