Les marques haut de gamme et de luxe sont les plus enviées par les distributeurs dans le monde automobile. Pas seulement pour leur prestige qui rejaillit sur ses concessionnaires, mais les profits plutôt généreux qu’elles offrent.

En 2016, en France, Porsche et Land Rover sont de loin les plus rentables, avec un taux de profit moyen respectif de 3,2% et de 3%. Devant Mercedes (2,3%), BMW (2,2%), Volvo (2,2%) et Audi (1,7%). Jaguar, désormais distribué par les mêmes opérateurs que Land Rover, dégage un honorable 2%.

D'où vient cette prospérité? Les standards de représentation "raisonnables" pour des marques haut de gamme, n'en sont sont-ils pas la principale explication?

Porsche retrouve le leadership


Dans le réseau Porsche, le taux de profit moyen des affaires, qui atteignait déjà le niveau envié de 3,1% en 2015, a encore grimpé à 3,2% en 2016.
Encore une excellente année pour Porsche et son réseau. En 2016, la marque sportive a été tirée par le Macan, qui représente presque la moitié de son volume.

Après une progression de 9,52%, elle a battu un record historique avec 5 396 immatriculations. De plus, il s’agit de ventes de qualité : 45% à particuliers et 40% à entreprises et en LLD (les immatriculations tactiques restant faibles).

Dans ce contexte, les 20 opérateurs privés de Porsche, qui animent 34 points de vente, ont vu leur chiffre d’affaires moyen progresser de 7,7%. Ils franchissent ainsi la barre symbolique des 20 millions d’euros (21,1 millions).

Le taux de profit moyen des affaires, qui atteignait déjà le niveau envié de 3,1% en 2015, a encore grimpé à 3,2% en 2016.

En revanche, la rentabilité moyenne des fonds propres s’est légèrement tassée de 22,5% à 21,8%. Autre bémol : le taux de couverture des frais fixes par l’après-vente se dégrade au fil des ans, il était de 60% en 2014, tombant à 53,3% en 2015 puis à 51,4% en 2016.

Land Rover en deuxième position


Grâce à l'Evoque, toujours en conquête (+16,5%) et qui représente plus de la moitié de ses ventes, Land Rover a bondi de 17,4% à plus de 10 000 immatriculations.
Chez Land Rover, la locomotive Evoque ne s’essouffle pas. Grâce à ce bestseller, toujours en conquête (+16,5%), qui représente plus de la moitié de ses ventes, la marque britannique a progressé de 17,4% à plus de 10 000 immatriculations.

La dynamique vient surtout des livraisons aux flottes (+36,4%) qui représentent 38% du volume, alors que le canal des particuliers (45% du volume) fait preuve d’un moindre dynamisme (+6,7%).

Le chiffre d’affaires moyen des concessionnaires (75 contrats pour 44 opérateurs) s’est enflé de 14,2 à 15,6 millions d’euros.

La rentabilité historique de 2015 de 3,6% a été ramenée à 3%, la marque conserve néanmoins son titre de champion, faisant jeu égal avec Porsche.

Quant à la rentabilité des fonds propres, elle culmine à 22%. Un seul concessionnaire n’a pas atteint l’équilibre.




Le brillant redressement de Jaguar


Le bond de 144% des ventes de Jaguar ont permis à son réseau de sortir du rouge et d'atteindre une rentabilité moyenne de 2%.



En 2016, tiré par le F-Pace, les ventes de Jaguar en France se sont envolées de 144% à 3 738 voitures (dont 38% ont été livrées à des particuliers et 33% à des entreprises).

Cette avancée fulgurante a plus que doublé l’activité des 31 distributeurs (signataires de 44 contrats de concession). En un an, leur chiffre d’affaires moyen a grimpé de 2,9 à 6,2 millions d’euros.

Le réseau est ainsi brillamment sorti du rouge passant de -1,4% de taux de profit en 2015 à +2% en 2016. La rentabilité moyenne des fonds propre atteint 22%. Mais il ne faut pas compter sur le pilier après-vente qui ne couvre que 28% des frais fixes (contre 39% en 2015).

Les résultats du réseau ne sont pas homogènes et quatre concessions Jaguar n’ont pas atteint l’équilibre. Remarquons que tous les concessionnaires Jaguar représentent aussi Land Rover dont les résultats restent également excellents.