La marque nippone et son réseau ont traversé une année 2017 extrêmement contrastée.
« Sur le premier semestre, la politique commerciale a été catastrophique. Nous allions tout droit dans le mur, juge Nicolas Clor, distributeur à Amiens. Le constructeur a corrigé le tir et les six derniers mois ont sauvé l’exercice, puisqu’ils ont concentré presque 70 % de nos ventes ». Pour Jean-Paul Gonguet, président du groupement, le dernier trimestre 2017 tout comme ce début d’exercice sont dans l’ensemble « plutôt satisfaisants, car la marque a mis des moyens commerciaux ». Mitsubishi, qui plafonne toujours sous la barre des 5 000 unités (4500 en 2017), affiche des objectifs ambitieux en France, que d’aucuns jugent même disproportionnés.

« Quand la marque annonce des ambitions de 9 000 unités en 2018 ou encore de 20 000 en 2020, c’est très dangereux. Par quel miracle allons-nous commercialiser 4 500 unités supplémentaires cette année ? L’Eclipse Cross, uniquement équipé d’un moteur à essence malussé actuellement, va représenter autour de 900 unités en année pleine. Sur ce début d’année, l’activité est plutôt satisfaisante mais nous n’avons pas doublé nos volumes, loin s‘en faut, poursuit Nicols Clor. Aujourd’hui, nous ne gagnons pas d’argent avec Mitsubishi, pire certains en perdent. Nous nous en sortons uniquement parce que nous distribuons d’autres marques à côté qui fonctionnent bien. La situation est préoccupante car elle perdure depuis déjà plusieurs années et, en même temps, je ne suis pas plus inquiet que cela sur la santé financière du réseau à moyen-long terme ».

Des distributeurs attachés à la marque


La rentabilité moyenne demeure difficile à établir car Mitsubishi ne compile pas les chiffres de ses distributeurs. « Via nos quatre affaires, où nous représentons également le panneau Mazda, nous sortons environ 1 % de rentabilité », informe Jean-Paul Gonguet, qui est le principal représentant de la marque nippone en France. De nombreux mouvements devraient continuer d’animer le réseau dans les prochains mois.

« Une trentaine de distributeurs ne sont pas la hauteur des ambitions de la marque. Je n’ai jamais vu un réseau avec autant d’écart de performance entre les meilleurs éléments et les moins bons », confiait Patrick Gourvennec, président de la marque, en fin d’année dernière. Jean-Paul Gonguet confirme effectivement ces gros écarts de performance. « Certains fonctionnent bien, d’autres non, et au moins 20 % ont laissé tomber Mitsubishi ou ont tout simplement levé le pied. C’est aussi la conséquence de plusieurs années sans véritables nouveaux produits. Mais nous sentons que certains distributeurs sont prêts à relancer la machine. Globalement, les choses repartent plutôt dans le bon sens même si l’année sera encore compliquée ». A fin mars 2018, la marque affiche une croissance de 41,1 %, à 580 unités immatriculées.