Les principaux indicateurs sont plutôt orientés à la hausse pour Opel mais le chemin est encore long avant de retrouver des performances plus conformes aux ambitions de la marque et du réseau. Ainsi, la rentabilité moyenne du réseau Opel a affiché 0,5 % en 2017. Elle reste insuffisante mais c’est mieux qu’en 2016 (0,3 %). 32 % des distributeurs n’ont pas atteint l’équilibre l’an passé, un chiffre également en légère amélioration (35% en 2016). C’est l’une des caractéristiques du réseau Opel en France : la grande disparité des points de vente en termes de profitabilité. Ainsi, le top 25 des distributeurs affiche une rentabilité moyenne de 1,8%, et le top 50 autour de 1,2 %. Le chiffre d’affaires moyen des concessionnaires s’est élevé à 12,73 millions d’euros en 2017, en hausse de 7,5 %.

Au-delà des résultats, Marc Bruschet, président du GNCO, soulevait une autre problématique en début d’année : un maillage trop dense. « Opel est resté très à l’écart de ce mouvement de concentration et de rationalisation très avancé chez les marques généralistes. Le réseau compte 103 investisseurs alors que la part de marché de la marque plafonne autour de 3,4% en France. Dans le même temps, Peugeot affiche près de 18,5% de part de marché avec 77 investisseurs, et Citroën 10 % avec 96 investisseurs ».

Nouvelle politique commerciale


Avec le rachat de la marque par PSA, des mouvements ne sont pas non plus à exclure dans les prochains mois. « Mais il n’y a pas un plan ficelé et rédigé pour la marque visant à réduire le nombre d’investisseurs. Il faut savoir qu’une partie du territoire n’est pas encore couvert par Opel, précise Marc Bruschet. Par ailleurs, les mouvements éventuels n’iront pas seulement dans le sens des distributeurs Peugeot et Citroën, de belles opportunités peuvent aussi se présenter pour les distributeurs Opel ». « J’ai connu une époque où les concessionnaires Renault se sont rués sur les affaires Nissan, et beaucoup y ont laissé des plumes. La situation est identique aujourd’hui : un concessionnaire Peugeot ne sera pas forcément bon avec Opel », juge Emmanuel Hacquart, qui se félicite des performances affichées avec sa concession de Charleville-Mézières.

« Nous avons un grand nombre de petits investisseurs dans le réseau Opel, qui sont extrêmement performants sur le plan commercial et très profitables. Ils ont toujours leur place dans le réseau », confiait début mars Éric Wepierre, président d’Opel France, chez nos confrères d’Autok7. Depuis quelques semaines, les distributeurs doivent composer avec une nouvelle politique commerciale, issue du groupe PSA, dont l’objectif est « d’augmenter les volumes rentables au sein du réseau ». « Nous adaptons notre parc VD et nos approvisionnements en fonction de cette politique. La mise en place se fait gentiment, confie ce dirigeant de groupe. Nous attendons du constructeur un peu plus de communication et de clarté. Nous sommes dans une période de transition qui perturbe un peu tout le monde et nous aimerions que les choses aillent plus vite »

Sur le premier trimestre, avec 18 548 véhicules immatriculés, Opel accuse une baisse de 10,1% par rapport à la même période de l’an passé. La part de marché de la marque se situe à 3,3%.