La "rigueur" économique n'a pas forcément attendu l'alternance politique de mai 2012. Car l'an dernier, les transports routiers ont dû se serrer la ceinture, d'après le rapport du Commissariat général au développement durable.
Le réseau routier d'abord : 11,9 milliards d'euros y a été investi, un montant en baisse de 3,4% par rapport à 2010, sachant que l'enveloppe de 2010 était elle-même en baisse de 7,2%. L'investissement est en chute libre sur le réseau routier national, cela s'explique en partie par des transferts de compétences vers les départements : "Au total donc, hors effet transfert des routes nationales, les investissements sur les routes non concédées reculent de 0,2 milliard d'euros" signale toutefois le Commissariat. Parallèlement à cela, "les investissements ferroviaires se hissent à un niveau record en 2011" explique encore le rapport.

Moins d'argent public placé dans les routes, et pourtant, celles-ci sont toujours plus fréquentées : +0,8% de circulation au total, +0,2% pour les seuls véhicules particuliers. Le Commissariat signale cependant que la circulation croît moins que le parc roulant (+0,8%) "en raison d'un recul prononcé du parcours annuel moyen qui passerait de 12770 kilomètres à 12700 kilomètres." L'écart entre kilométrage moyen annuel des diesels et des essences ne fait d'ailleurs que grandir : 15 600 kilomètres pour un véhicule à gazole, 8500 kms pour son homologue au sans-plomb. Leur part respective dans le parc aussi. Le diesel représente désormais la motorisation de 58,9% des voitures particulières immatriculées, une hausse de 3,9% par rapport à 2010. Les véhicules à essence reculent quant à eux de 3,4%. Le Commissariat note que "l'accroissement du parc de voitures particulières diesel ralentit au cours des dernières années avec +4,5% de croissance annuelle depuis 2007 contre 7,1% par an entre 2000 et 2007."
Des voitures qui sont aussi devenues plus sobres : -2% de "consommation unitaire", sachant que les diesels consomment 1,6% de moins qu'en 2010 et les essences 2%.
Le Commissariat, qui ne se fie pas aux données constructeurs mais aux volumes distribués dans les stations pour établir les chiffres de consommation unitaire, explique le phénomène par "un changement de comportement des conducteurs" qui seraient de plus en plus sensibles aux vertus financières de l'éco-conduite.

Dernier chapitre, celui des taxes : malgré des routes moins soignées, des kilométrages en baisse et des consommations qui le sont également, l'automobiliste a le loisir de payer toujours plus. La TICPE (principale taxe sur les carburants) qui a remplacé la TIPP, a rapporté 23,9 milliards d'euros à l'Etat en 2011, contre 23,6 milliards en 2010. Le revenu de la taxe sur les contrats d'assurance automobile a progressé de 1,3% (966 millions d'euros) tandis que les cartes grises ont rapporté 8,2% de plus, avec 2 milliards d'euros. Seule la taxe sur les véhicules de société (TVS) a eu moins de succès en 2011 qu'en 2010 : 928 millions d'euros, contre 996 millions un an auparavant.