Ironie du sort, c'est sur son marché domestique et premier marché mondial que le groupe Renault (Renault, Dacia, Lada, Samsung) présente des résultats mitigés : 673 852 VP et VU vendus l'an dernier en France, un chiffre en hausse de 3,4%, en dépit d'une part de marché en baisse de 0,4 point à 26,44%. Mais pour ce qui concerne le reste du monde, le groupe Renault a plutôt réalisé un carton plein.

Le losange et ses diverses marques ont ainsi distribué 3 761 634 véhicules neufs sur la planète en 2017 (+8,5%, 293 000 engins de plus qu'en 2016). Un record qui doit un peu à l'Europe (+5,6 % d'immatriculations, +0,2 point de part de marché) mais surtout à l'Eurasie, où sont comptabilisées les ventes russes : +13,6% de ventes et une pénétration en hausse de 1,4 point à l'échelle du continent : "Le point notable, c'est le rebond du marché russe" note avec satisfaction Thierry Koskas, le directeur commercial du groupe. Après des années de disette et plusieurs recapitalisations de la marque Lada, Renault a tiré profit de son obstination du côté de Moscou en y vendant 448 270 unités en 2017. Soit une hausse de 16,9%, et une part de marché en progrès de 1,1 point qui atteint 28%.

La région Amériques s'est elle aussi révélée fructueuse pour le groupe français l'an dernier. Les immatriculations y ont grimpé de 9,9%, essentiellement grâce aux croissances des marchés brésilien (+11,4%) et argentin (+16,3%). La seule fausse note en Amérique latine est à mettre sur le compte de la Colombie, pays où Renault possède plus de 20% de parts de marché. Le retour du marché brésilien entraine "de longs délais de livraison" sur la Renault Kwid selon Thierry Koskas. Elles seraient plus de 30 000 à être déjà commandées.

La région Asie-Pacifique a apporté quelques déconvenues au groupe Renault. Certes, les ventes chinoises ont doublé, voire même un peu plus (+104,5%). Mais Renault y est toujours faible, avec 72 137 VN distribués, ce qui représente 0,2% du marché. D'autre part, en Corée du sud, où Renault est présent via la marque Samsung, les immatriculations
Dacia Sandero
se sont "un peu effritées cette année" d'après M. Koskas : -9,5% de ventes, -0,5 point de pénétration.

La région Afrique-Moyen-Orient-Inde, enfin. Renault y a connu le succès au niveau global (+8,4%), mais l'éclat de la réussite sur certains marchés comme le Maroc ou l'Algérie ne peut faire oublier la déconvenue indienne. Les ventes ont régressé de 14,5% (20 000 voitures de moins environ) du côté de Dehli, la part de marché a chuté de 0,8 point pour se fixer à 3%.

L'Europe a concentré 50,8% des ventes du groupe Renault l'an dernier, une part qui baisse d'année en année : "Voilà quatre ans environ, c'était plutôt 55%" signale à ce sujet Thierry Koskas, qui pense que la balance va s'inverser dès 2018 pour Renault. Nation par nation, la France est toujours le premier marché de Renault, la Russie toujours le deuxième et l'Allemagne toujours le troisième.


De l'importance de la gamme "global access"


Dans le détail des modèles, quelques surprises sont à relever. La véhicule particulier le plus vendu dans le monde par le groupe Renault est la Sandero : 397 452 voitures vendues soit sous le logo Dacia, soit sous le logo Renault. Il s'agit aussi du modèle le plus distribué auprès des clients particuliers d'Europe. Deuxième meilleure vente, la Renault Clio, avec 393 053 VN distribués. Troisième véhicule, la Mégane (325 391), juste devant le Renault-Dacia Duster (321 028). Soit deux engins de la gamme "global access"au sein des quatre meilleures ventes !

Thierry Koskas a aussi réservé quelques constations à l'assistance : le Renault Scénic est "leader de son segment en France, deuxième en Europe", tandis que le nouveau Koleos témoignerait d'un portefeuille de commandes en Europe de 14 000 unités. Le pick-up Alaskan, à peine lancé sur le vieux continent, aurait quant à lui enregistré 1000 commandes.
Le directeur commercial de Renault n'a pas non plus manqué de se féliciter des résultats enregistrés par les véhicules électriques. En dépit de ventes plutôt faibles en Europe, M. Koskas relève le fait que "un véhicule électrique sur 4 vendu en Europe est badgé Renault" et que le carnet de commandes de la Zoé s'allongerait chaque jour un peu plus : "Depuis le lancement de la Zoé ZE40, le rythme des commandes a quasiment doublé" souligne-t-il.