Un demandeur d’emploi qui devient recruteur seulement quelques mois après son embauche, des histoires comme celles-ci ne se racontent pas souvent mais elles existent. Laura Soyer, consultante en recrutement pour le réseau de BMW avait foulé les allées du Salon de l’emploi automobile, place de la Concorde à Paris (organisé par Autorecrute), il y a un an en tant que candidate. Et la voici propulsée derrière le bureau pour mener des entretiens ou amasser les meilleurs CV pour "sa dizaine de postes à pourvoir".

« Autant vous dire que je suis bien placée pour comprendre les enjeux des deux parties ! Et certains postes sont "pénuriques" comme les mécaniciens par exemple » souligne-t-elle.

Zone filtrée

Cette année, la recruteuse et son équipe ont décidé d’ouvrir leurs critères de sélection pour attirer tous les profils, qualifiés ou non et de tous les âges.

« Nous rencontrons de plus en plus de stagiaires ou d’apprentis, nous y sommes ouverts mais nous ne pouvons pas y répondre immédiatement. En revanche, grâce au salon, nous allons proposer des entretiens à plusieurs personnes dès la semaine prochaine », assure-t-elle.

Laura Soyer est donc satisfaite de sa présence sur l’événement parisien car selon elle, les techniciens sont peu adeptes des réseaux sociaux ou des plateformes Internet de recrutement.

Venir au Salon de l’emploi automobile n’est donc pas une perte de temps contrairement à ce que l’on pourrait croire. D’autant que le cabinet spécialiste du recrutement automobile, Autorecrute, a mis en place cette année un système de filtre : seules les personnes inscrites en amont sur leur site Internet, avec une appétence pour l’automobile ou alors avec des qualifications, pouvaient rencontrer les clients recruteurs. Cette zone filtrée a été plutôt appréciée. D’ailleurs, William Vidal, patron du groupe Vidal Autos, qui vient de racheter un site dans le 78, a trouvé le bon compris en se déplaçant désormais sur les salons professionnels.

« Nos affaires sont florissantes et nous devons soutenir notre croissance par le biais du recrutement. Nous sommes en recherche continuelle mais c’est difficile de trouver la perle rare ».

Mauvaises expériences

Le dirigeant avoue même avoir vécu de mauvaises expériences lorsqu’il avait fait appel à d’autres canaux de recrutement comme les réseaux sociaux ou sites Web dédiés. Certains salariés n’ont pas dépassé les 24 heures dans l’entreprise…

« Nous souhaitons donc recruter des personnes dignes de confiance. Nous venons au contact désormais pour déceler les motivations. En deux jours, je suis sûr de rencontrer un meilleur cru ici que sur toute une année avec les autres canaux de diffusion ».

Les professionnels de l’auto veulent également faire passer un message : les salons sont également sources d’opportunités. Le groupe Schumacher privilégie "l’approche directe" afin « de rencontrer des gens qui se posent des questions, qui se recherchent un peu et d'autres qui ont des difficultés à prendre leur plume et faire un CV », déclare Dimitri Wajnsztok, directeur de site à Rueil Malmaison. Car pour lui, finalement, les bons mécaniciens sont déjà en poste et subissent la routine. « Donc nous sommes là pour rencontrer ces gens qui veulent sauter le pas pour voir autre chose mais qui n'osent pas ! », conclut-il.