Sony vient donc d’annoncer son intention d‘entrer sur le marché des services de véhicule avec chauffeur (VTC), dans un premier temps au Japon, via un projet de coentreprise pour développer un système d‘intelligence artificielle. Le groupe japonais, spécialiste de l’électronique grand public, est la dernière entreprise en date du secteur « tech » à nouer un partenariat avec des compagnies de taxis ou des nouveaux entrants du VTC. Sony prévoit de créer une plate-forme de réservation basée sur l‘intelligence artificielle avec Daiwa Motor Transportation et cinq autres compagnies locales de taxis.

La bataille de la réglementation


Dans ce périmètre, le marché japonais est jugé potentiellement lucratif, bien que très réglementé. En effet, dans le pays, les services de VTC sont strictement encadrés et excluent d‘emblée les chauffeurs non professionnels, notamment pour des raisons de sécurité. En outre, les plates-formes mobiles de mise en relation entre usagers et chauffeurs sont réservées aux seules flottes des taxis actuels. Un pré carré pour l’heure strictement verrouillé par Nihon Kotsu, la principale compagnie de taxis du Japon, dont le président Ichiro Kawanabe est surnommé le « prince des taxis ».

Didi Chuxing, Uber... et l'ogre Softbank


A l'image de ce qui se passe dans d'autres régions du monde, ce marché est cependant en pleine effervescence actuellement au Japon. Nihon Kotsu a ainsi créé son application de réservation de véhicules Japan Taxi, qui compte Toyota à son capital. Par ailleurs, Uber a décidé de ne pas passer en force et son directeur général Dara Khosrowshahi vient d’affirmer que son groupe devait avoir un état d’esprit axé sur le développement de partenariats. Il est d’ailleurs en discussions avec la compagnie de taxi Daiichi Koutsu Sangyo, qui mène aussi des pourparlers avec le groupe chinois Didi Chuxing. Didi et SoftBank Group ont par ailleurs annoncé ce mois-ci la création dans le courant de l‘année d‘une entreprise de services de mise en relation dans le transport au Japon. Rappelons que SoftBank détient des participations dans Didi, mais aussi dans Ola, en Inde, et Grab, en Asie du Sud-Est. Fin 2017, il est aussi devenu le principal actionnaire d‘un certain…Uber.


(avec Reuters)