Un équipementier à l’origine de 16 décès aurait-il pu survivre ? Accusé d'avoir dissimulé pendant des années l'existence d'un défaut majeur dans ses airbags, l’équipementier japonais Takata se prépare à un dépôt de bilan, prélude à une reprise par un concurrent. 

L’action de Takata à la Bourse de Tokyo, qui avait été suspendue le 16 juin, a chuté de 16,5% ce lundi 19 juin. Depuis le début de l'année, elle a dégringolé de près de 60%.
Le dépôt de bilan pourrait intervenir dans les prochains jours.

Vers une reprise par un américano-chinois


Etant donné sa colossale dette, il ne restera à Takata aucune ressource pour verser des dividendes à ses actionnaires.

Selon le quotidien économique Nikkei, le dépôt de bilan, qui passera par des procédures au Japon, aux Etats-Unis et en Europe, doit avoir lieu avant l'assemblée générale des actionnaires le 27 juin.

Cette démarche ouvrirait la voie à une reprise du groupe par Key Safety Systems (KSS), un équipementier américain contrôlé par le chinois Ningbo Joyson Electronic, dont l'offre avait été recommandée début février 2017 par un comité externe.

100 millions d’airbags rappelés


Takata, dont les dettes s'élèvent à plus de 1.000 milliards de yens (un peu plus de 8 milliards d'euros au cours actuel) d'après le Nikkei, a dit attendre la proposition finale de cette instance pour prendre une décision.

L'équipementier japonais est accusé d'avoir dissimulé pendant des années l'existence d'un défaut majeur dans ses airbags, susceptibles d'exploser inopinément en projetant des fragments sur le conducteur ou le passager.

Depuis que l'affaire a éclaté au grand jour en 2014, près de 100 millions de coussins de sécurité ont fait l'objet d'un rappel, le plus grand de l'histoire automobile, et au moins 16 décès, dont 11 aux Etats-Unis, ont été recensés dans le monde.