Les investisseurs seraient-ils sensibles au rêve que projette Tesla? En tout cas, ils semblent parier sur les nouvelles technologies comme avenir de l'automobile. C’est ainsi que s’expliquerait le succès de Tesla à Wall Street.

En effet, l'entreprise, créée en 2003 par le milliardaire et entrepreneur d'origine sud-africaine Elon Musk, a réussi le tour de force d'éclipser en une semaine Ford et GM.
Niveau du cours de Tesla à Wall Street le 10 avril 2017.

Le 10 avril 2017, la capitalisation boursière de Tesla a grimpé jusqu'à 51,56 milliards de dollars, contre 50,26 milliards à General Motors, tandis que Ford pesait 44,84 milliards.

Entre rêve et réalité


Ce chiffre ne reflète pas le rapport de force entre les deux groupes automobiles: l'an dernier, la jeune firme californienne a produit environ 84.000 véhicules pour un chiffre d'affaires de 7 milliards de dollars, contre 10 millions de voitures à son aîné et plus de 166 milliards de dollars de revenus.

La part de marché du géant de Detroit sur le marché américain est de 17,3%, contre 0,2% à Tesla, d'après le cabinet Autodata. GM devrait en outre enregistrer en 2017 un bénéfice aux alentours de 9 milliards de dollars, d'après les estimations des analystes financiers, alors que Tesla n'est même pas certain de gagner de l'argent.

Tesla vend aussi de l'émotion


"Dans les esprits des consommateurs, des salariés et des actionnaires, Tesla n'est pas seulement une entreprise", justifie l'analyste Alexander Potter chez Piper Jaffray. "Tesla suscite optimisme, liberté, irrévérence et toute une gamme d'autres émotions que, à notre avis, les autres entreprises ne peuvent reproduire".


L'ascension boursière de Tesla, qui ne dispose que d'une seule usine, repose sur la conviction, désormais partagée par beaucoup dans la communauté financière, que les voitures électriques et connectées vont envahir les routes dans un proche avenir.

C'est une idée intéressante mais est-elle commercialement viable ? La  concurrence dans le segment des voitures électriques est destinée à s'accroître.

Les promesses de la voiture autonome


En attendant, Tesla, qui pourrait lancer sous peu un service de voiture autonome à la demande, a annoncé récemment un nombre trimestriel record de livraisons de voitures (plus de 25.000 voitures au premier trimestre).

Outre ses deux modèles haut de gamme, les Model S et Model X, Tesla doit démarrer en juillet la production du Model 3, censé lui ouvrir le marché grand public grâce à un prix plus accessible.

Cette berline, annoncée au prix de base de 35.000 dollars et pouvant parcourir 350 kilomètres avec une seule charge, a déjà reçu près de 400.000 pré-commandes. Elle devrait aider Tesla à réaliser son objectif de construire 500.000 voitures par an à partir de 2018.

Des incertitudes à lever


Il n'empêche, Tesla conserve l'avantage, selon des analystes, les produits de Tesla ont le même effet captivant sur les consommateurs que sur les investisseurs.

Tesla doit par ailleurs encore lever un grand nombre d'incertitudes: il reste très endetté, son système d'aide à la conduite Autopilot est au centre de polémiques à travers le globe et sa diversification dans le solaire avec le rachat de SolarCity doit encore faire ses preuves.