Eviter un procès qui nuirait à son image. C’est dans cet esprit que Tesla a conclu un accord pour mettre fin à une plainte en nom collectif déposée par des propriétaires automobiles qui accusent le système de pilotage automatique Autopilot d’être “globalement inutilisable et manifestement dangereux”.

Cet accord a été annoncé dans un avis à la cour fédérale de San José. Il doit encore être approuvé par la juge de district.

Le système Autopilot de Tesla, lancé en 2015, est une technologie d’aide à la conduite qui permet aux automobilistes de diriger leur voiture en conservant leur trajectoire et d’assurer un pilotage automatique dans certaines situations. Mais il n’est pas conçu pour remplacer totalement le conducteur qui doit rester maître de son véhicule.

Un geste commercial


Il est décrié par ses détracteurs qui l’accusent d’être à l’origine de divers accidents.

Selon l’agence Reuters, Tesla déclare vouloir faire un geste vis-à vis de ses clients. Ainsi, dans le cadre de l’accord proposé, il a accepté d’indemniser les propriétaires de véhicules qui ont acheté la version 2.0 d’Autopilot. Ces derniers ont dû faire preuve de patience plus longtemps que prévu pour que les fonctions d’aide à la conduite soient activées.

“Depuis le déploiement en octobre 2016 de notre deuxième génération d’Autopilot au niveau matériel, nous avons continué à fournir des mises à jour logicielles qui ont permis une amélioration majeure des fonctionnalités d’Autopilot”, indique le constructeur. Il a ajouté que cet accord serait étendu aux clients dans le monde entier.


Autopilot, un surcoût de 5 000 dollars


Les automobilistes concernés recevront entre 20 dollars et 280 dollars de dédommagements. Tesla a provisionné plus de cinq millions de dollars pour couvrir ce litige.

La plainte déposée devant le tribunal fédéral de San José concerne six propriétaires de Tesla Model S et Model X. Ces plaignants accusent le constructeur de voitures électriques d’avoir commis une fraude par dissimulation et enfreint diverses lois sur la protection des consommateurs et la concurrence déloyale.

Ces automobilistes disent avoir déboursé un supplément de 5.000 dollars (4.287 euros) pour équiper leur voiture du logiciel Autopilot sur la promesse d’une sécurité renforcée mais qui s’est révélée en fait “totalement inutilisable”, selon la plainte.

Le freinage automatique d'urgence ne serait pas fiable


Selon les plaignants, les fonctions comme le freinage automatique d’urgence, l’avertisseur en cas de collision latérale et les feux de route automatiques ne fonctionnent pas ou ne sont pas fiables.

Ils jugent le système dangereux à l’usage car le véhicule freine inopinément sans raison et en revanche reste passif à l’approche de gros véhicules.

L’agence américaine de sécurité routière (National Highway Traffic Safety Administration, NHTSA) a ouvert une enquête après un accident mortel survenu en mai 2016 en Floride impliquant un modèle Tesla équipé d’Autopilot. Elle a dit ce mois-ci qu’elle n’avait pas encore évalué l’efficacité de cette technologie, qui selon Tesla permet de réduire de 40% les accidents.

La société fait l’objet d’une attention accrue de la NHTSA depuis le décès de deux conducteurs de voitures Tesla ces derniers mois dans accident en lien avec Autopilot.