Le nouveau patron du groupe Volkswagen France, Thierry Lespiaucq, a pris la relève de Jacques Rivoal, qui a quitté le constructeur, sans explications convaincantes. Rencontré par l'Argus au salon de Francfort, il ne fait pas de commentaires sur le sujet. Ni sur le départ de Thierry Sybord, directeur de la marque Volkswagen, parti pour divergence sur les orientations.

Deux énormes changements


Sa feuille de route?

« Nous allons préparer deux énormes changements et adapter nos structures pour y faire face. Je parle de la phase d’électrification des véhicules et de la digitalisation qui conduit à une relation différente avec le client et une façon un peu différente de travailler avec les concessionnaires ».


Selon ce nouveau président, ces deux chantiers ne devraient pas représenter « fondamentalement de lourds investissements pour le réseau ». Il reconnaît toutefois que les distributeurs devront investir dans la formation et l’outillage pour les véhicules électriques pour être en phase avec la grande ambition du groupe dans ce domaine annoncée à Francfort.

Et d’ajouter «nous verrons un changement au niveau des showrooms, avec moins de voitures exposées et des configurateurs 3D. Entre des magasins en ville de peu de surface et des expositions dans des centres commerciaux, il faudra parfois choisir ».

Un tissu commercial optimal


Pas de mouvements importants dans les réseaux au programme. De son point de vue, « la couverture en points de vente bien dimensionnée. Chez Seat et Skoda, il est possible que nous ayant besoin de points de ventes complémentaires pour accompagner la croissance de ces marques ».

L'impact des nouveautés


Le T-Roc devrait devenir le 5ème modèle de Volkswagen le plus vendu.
Le T-Roc présenté à Francfort qui couvrira le segment SUV de la Golf, est une offre additionnelle « qui n’a pas d’équivalent dans le marché. Il sera dans le top 5 des ventes de la marque ».

Il y aura plus tard une offre de même nature dans le segment inférieur, le T-Cross. Mais pour le patron du groupe Volkswagen France, il est prématuré d’en parler.

En attendant, « la nouvelle Polo et le T-Roc vont faire sentir leurs effets positifs dans les ventes dès la fin de cette année, mais surtout l’année prochaine ».

Les 8% pour Volkswagen ne sont plus dans la ligne de mire


De quoi remonter le niveau de la marque Volkswagen, en baisse sur un marché en hausse. Sans attendre cette offre nouvelle, la part de marché de la marque devrait déjà remontée car elle dispose d’un portefeuille de commandes important, environ de trois mois (notamment en Tiguan).

Elle devrait se positionner autour des 7% (contre 6,5% sur 8 mois).
En 2012, Jacques Rivoal visait les 8% pour la marque Volkswagen. « Je ne fixerais pas d’objectif de cette sorte. C’est trop hasardeux », admet Thierry Lespiaucq.

Une image peu ou pas abîmée


L’image de Volkswagen en France a-t-elle souffert du dieselgate ? « Ponctuellement oui. Il y a eu un recul de point d’image qui six mois après avait disparu. La clientèle a compris que la marque Volkswagen n’était pas la seule concernée. Ce qui compte, ce sont les nouveaux modèles euros VI ». 


La nouvelle entité Volkswagen Group Retail France se met en place et « cela se passe bien. Ce sont des investisseurs comme les autres et nous les traitons comme des concessionnaires », assure le président.

Porsche France restera une entité indépendante


Porsche France va-t-il être intégré au Groupe Volkswagen France à Roissy ?  « Les bureaux de Porsche sont déjà à Roissy avec nous, mais Porsche France restera une entité indépendante ».

Le succès de Das Welt Auto, lancé par Thierry Lespiaucq


Das Welt Auto a-t-il atteint sa maturité ? « Je l’ai lancé en France, avant de partir, il y a sept ans (Thierry Lespiaucq a occupé les fonctions de directeur de la marque Volkswagen de 2004 à 2010), c’est un vrai plus pour les réseaux et les valeurs résiduelles et les recommercialisations. On manque de voitures, c’est un business qui se porte bien ».

Les distributeurs toujours à 0,9% de rentabilité


Comment se portent les concessionnaires Volkswagen ? « Les campagnes sur le service ont provoqué beaucoup d’affluence dans les ateliers. La rentabilité de Volkswagen est de 0,9% au premier semestre, soit le niveau de 2016, maintenant, elle devrait progresser ».

Le groupe Volkswagen en 2020


Comment Thierry Lespiaucq voit-il Volkswagen France en 2020 ? « J’espère que nous aurons avancé sur la préparation de l’arrivée des VE et sur la réforme du schéma de distribution. Je ne vais pas faire de pronostic sur notre niveau sur le marché. Ce que je peux dire, c’est qu’elle sera renforcée.  Le premier véhicule autonome arrivera dès que la réglementation le permettra. Nous sommes prêts techniquement ».