La fiscalité des voitures de société sert depuis sa création à financer la branche "famille" de la sécurité sociale. En raison des baisses de rendement régulières de la TVS, celle-ci a été réformée plusieurs fois : introduction d'une composante dite air en 2014, et tour de vis sur les barèmes à retenir pour l'édition 2018 de la taxe.

Le durcissement des barèmes devrait engendrer un rendement supplémentaire de 112 millions d'euros l'an prochain "et serait stable sur les années suivantes" selon un rapport sénatorial. Toutefois, "cette stabilité repose sur l'hypothèse d'une composition inchangée du parc de véhicules soumis à la TVS" notent les élus auteurs du rapport, "on peut donc s'interroger soit sur le caractère réaliste des projections de rendement soit sur le caractère réellement incitatif de cette mesure".

L'un de leurs collègues, le sénateur et ex-secrétaire d'Etat Alain Joyandet, va même un peu plus loin. Soulignant que le renchérissement de la TVS représentera l'an prochain une hausse de 28 € en moyenne par véhicule, M. Joyandet fait savoir qu'il "regrette que le gouvernement s'appuie sur ce type de hausse des prélèvements sur les entreprises au lieu de chercher à mieux maîtriser les dépenses sociales".

Le gouvernement espère en effet s'approcher du niveau record de rendement atteint en 2012 avec sa réforme. Cette année là, la TVS avait permis de faire entrer dans les caisses de la sécurité sociale 930 millions d'euros ; pour 2017, la recette espérée est de 589 M€.