Les constructeurs vont devoir se réinventer, les acteurs de l'après-vente seront logés à la même enseigne. Selon l'Observatoire de l'après-vente de Faconauto, une fédération qui représente les intérêts des concessionnaires en Espagne, "une présence accrue de voitures électriques en Espagne pourrait entraîner un effondrement de 70% de la facturation liée à la mécanique et à l'entretien, tandis qu'elle n'affecterait pas les activités carrosserie et peinture".

Le scénario, livré par un cabinet d'études à Faconauto, est le suivant : 35% d'électriques dans le parc ibérique en 2030, -70% de frais mécaniques ! Les raisons sont connues depuis longtemps : moins de pièces, pas d'embrayage, de boites de vitesses, de systèmes de dépollution etc.

Cette chute des profits est aussi envisagée par une étude de Deloitte parue en avril dernier. Selon celle-ci, "certains constructeurs automobiles ont déjà évalué un impact négatif lié aux véhicules électriques de 50 à 70% sur le panier moyen de dépense par an de leurs clients".

Tout n'est pas si sombre pour autant. L'étude espagnole s'intéresse non seulement aux véhicules électriques, mais aussi aux voitures autonomes. Celles-ci auront moins d'accidents, l'affaire semble entendue. Faconauto prévoit donc une raréfaction des frais de carrosserie sur les autonomes, mais aussi "une augmentation de 40% de la facturation liée aux réparations mécaniques, qui seront plus chères en raison de la complexité technologique des voitures autonomes." Ce qui fait dire à la vice-présidente de la fédération, Marta Blàzquez, que "les concessionnaires ont le temps, l'intelligence et l'expérience pour s'adapter à une réalité qui comportera des risques mais aussi de très bonnes opportunités pour leurs affaires".