Le marché renoue enfin avec un niveau supérieur aux 2 millions d'immatriculations jugés comme représentatifs de notre marché mature de renouvellement. Une bonne nouvelle lors d'une lecture rapide des chiffres, mais qui se fissure lors de l'analyse des immatriculations par canal de ventes. Selon les chiffres communiqués par Dataneo, les résultats sont effectivement moins flatteurs que prévus.

Tout d'abord, les ventes aux particuliers se montrent nettement moins enthousiasmantes que la hausse globale de 5,1 %. Ce canal pèse en réalité 993 795 véhicules, soit 49,3 % du marché, en hausse de seulement 0,9 %. En volume, cette hausse ne représente donc plus que 9 278 véhicules pour l'année totale sur les 98 324 enregistrés au global. Ce n'est pas du côté des particuliers qu'il faut rechercher le motif de cette croissance. Les immatriculations dans cette catégorie de clientèle restent globalement étales par rapport à 2015.

Les données fournies par Dataneo apportent une lecture encore plus fine de cette clientèle, toujours friande de financement. 26,6 % des véhicules achetés par les particuliers ont été financés grâce à la LOA, en hausse de 33,8 % par rapport à 2015. Cette année-là, la LOA pesait 20,1 % de leur acquisition. La location de longue durée reste en revanche très marginale (0,9 % des cartes grises) et recule même de 9 % par rapport à 2015.
Dans le détail des marques, les locomotives du marché reculent. Ainsi, Renault (– 1,3 %), Peugeot (– 2,4 %), Citroën (– 9,6 %), Volkswagen (– 7,1 %), Nissan (– 13,5 %), DS (– 16,7 %), Smart (– 2 %), Alfa Romeo (– 5,6 %) ou encore Mitsubishi (– 31,7%) voient la part de leurs ventes aux particuliers régresser. Toujours sur ce canal, les deux champions de l'année 2016 restent bien sûr Dacia, (+ 13,6 %), qui adresse plus de 85 % de ses immatriculations auprès de clients privés, ainsi que Toyota, avec 65 % de ses cartes grises (– 8,3 %).

Les ventes aux entreprises (administrations, sociétés, loueurs de longue durée) affichent en revanche une dynamique bien plus importante. En 2016, ce type de clientèle a pesé 20,9 % du marché, avec 422 430 immatriculations, en hausse de 7,8 %, soit 30 613 véhicules supplémentaires par rapport à 2015. Un volume qui représente un tiers de la hausse observée l'an dernier. Rares sont les marques à avoir reculé sur ce canal. Citroën en fait partie, avec 21,7 % de ses immatriculations vers cette clientèle professionnelle et une baisse de 4,2 %. Nissan régresse également (– 1,6 %), mais conserve 27 % de ses ventes. Tandis que Mitsubishi s'écroule de 36,2 % pour n'adresser que 10,8 % de ses cartes grises aux entreprises et loueurs de longue durée.

Les véhicules de démonstration (VD) expliquent pour un autre tiers la hausse du marché. Sans atteindre les sommets affichés par l'Allemagne, avec plus de 35 % du marché en VD, la France voit ce canal grignoter du terrain. En 2016, 15 % du marché provient des véhicules sous cartes grises "garage" pour atteindre un volume de 301 828 véhicules, en hausse de 13,7 % par rapport à 2015, soit 36 314 véhicules de plus. Plusieurs marques dépassent même allègrement cette barre : Nissan (18,8 %), Opel (20,6 %), Fiat (18,9 %), Mercedes (18,3 %), Kia (18,2 %), DS (21,2 %), Suzuki (20,4 %), Volvo (18 %), Smart (20,2 %), Alfa Romeo (24,6 %) ou encore Mitsubishi (33,1 %). Certes, ces véhicules finissent par être vendus aux particuliers, comme l'explique Eric Champarnaud, dans cette tribune, mais en occasion, le risque sur les valeurs résiduelles peut être élevé.

Enfin, les volumes aux loueurs de courte durée ont progressé de 11 %. Ils restent dans la limite que se fixent désormais les constructeurs de ne pas dépasser 10 % environ de leur volume sur ce canal.