Les ventes de pneus dits TC4 (tourisme, SUV/4x4 et utilitaires) ont été peu ou prou les mêmes en 2017 qu'en 2016 : +0,3% d'enveloppes neuves vendues, soit 19,34 millions... sachant que le Syndicat des professionnels du pneu (SPP) ne comptabilise pas les ventes réalisées par les acteurs 100% numériques, aussi appelés pure players.

Ce résultat global stagnant est le fruit de trois sous-résultats : la vente de pneus pour les véhicules de tourisme (les berlines) s'est révélée en baisse de 0,1% ; le commerce de pneumatiques dédiés aux SUV a progressé de 12,3%, tandis que le marché des camionnettes a reculé de 1,2%. Pour Régis Audugé, directeur général du SPP, "les pneus hiver ont sauvé l'année". Sur le pneu tourisme uniquement, les mois de janvier puis de décembre 2017 sont effectivement positifs. Entre les deux, les affaires ont été plus difficiles...

Le pneu hiver s'est donc bien comporté en 2017 : +8%, quand son cousin dit pneu été s'est révélé en baisse de 3,7%. Mais la grosse progression est toutefois à mettre sur le compte du pneu 4 saisons : +44,1% de ventes de pneus censés être corrects quelles que soient les conditions de circulation.

Le SPP ne livre évidemment pas de résultats marque par marque. Il donne en revanche des tendances de parts de marché. Les "grands" manufacturiers que sont Michelin, Pirelli, Continental, Goodyear, etc sont appelés A, leurs pneus de deuxième ligne (Kléber, Firestone...) B. Il existe ensuite, dans la terminologie du SPP, les "tradebrand" qui sont en réalité les marques affiliées à un centre auto, puis enfin la catégorie "autres" qui réunit surtout les pneus low-cost.
Or, les grands équilibres ont un peu bougé en 2017. Les pneus A, toujours majoritaires, ont perdu un peu de leur superbe pour représenter 58,6% des achats contre 61,9% un an auparavant. Un mouvement qui a profité aux pneus B (19,1% du marché, +2,7 points) , tandis que les enveloppes "tradebrand" n'ont progressé que de 0,5 point (12,6% du marché). Plus curieusement, les "autres" n'ont pas bougé : 9,6% du marché : "Les grands gagnants, ce sont les marques B. Ce sont elles qui permettent de contrer le low-cost" analyse Régis Audugé.

Quelques évolutions ont aussi été à signaler en matière de canaux de distribution l'an dernier. Sur l'ensemble des pneus TC4 vendus, les concessionnaires, MRA et les pure players demeurent majoritaires avec 38,2% du marché. Les "négociants spécialistes" comme Euromaster par exemple détiennent la deuxième place (33% de pénétration) et les centres auto la dernière (28,8%). Mais si l'on ne s'intéresse qu'aux pneus de tourisme, "les centres autos sont passés devant les négociants spécialistes" en 2017 explique Régis Audugé, avec 31,6% de parts de marché. Des centres autos qui ont aussi accéléré sur les pneus SUV (+20,7%) et sur les enveloppes à destination des utilitaires : +13%.

Autant de parts de marché qui ont été prises aux "négociants spécialistes", dont les résultats sont en recul, excepté sur les ventes de pneus SUV (+8,6%)

Les pure players n'ont quant à eux pas connu d'évolution notable : "On arrive sur un plateau. Les pure players, qui cherchent tous à améliorer leurs marges, auront du mal à progresser s'ils restent sur le même schéma" considère M. Audugé qui explique que ces acteurs doivent assumer des coûts prohibitifs en matière de publicité ou de référencement.