Stratégique pour Renault, l’usine du Mans qui fabrique notamment des châssis de voitures est bloquée ce 12 avril 2017. Près de 200 salariés de l'équipementier GM&S de La Souterraine (Creuse) empêchent l'arrivée des camions d’approvisionnement. Ils réclament une hausse du volume de commandes.

Un fournisseur en redressement judiciaire à besoin de commandes


L'équipementier GM&S Industry, qui compte 283 salariés dans la Creuse, fabrique des pédaliers, carters et éléments de boîtes de vitesse pour Renault et PSA. Il a été placé le 2 décembre en redressement judiciaire et les repreneurs ont jusqu'au 18 avril pour se faire connaître.

Les salariés considèrent que ses deux principaux clients se sont désengagés en diminuant progressivement la charge de travail depuis plusieurs années.


"Cela fait deux ans que le volume de commandes décroît, souligne le délégué CGT. Mais parallèlement, les constructeurs ont doublé leurs moyens de production et passé des commandes chez nos concurrents, en France et à l'étranger."

 

15 millions de commandes seulement, il en faudrait 40


"Si aucune offre de reprise n'est déposée, l'entreprise risque la liquidation", ajoute-t-il. Pour survivre, l'entreprise a besoin selon lui de "tendre vers 40 millions d'euros de commandes", alors que les deux grands constructeurs français en promettent au total 15 millions aujourd'hui.

Les salariés de GM&S disent avoir déjà rencontré "sans résultat" le PDG de PSA, Carlos Tavares. Faute d'avancées, ils envisagent de nouveaux blocages sur d'autres sites de Renault ou PSA.

Les engagements de Renault n'auraient pas été tenus


Le gouvernement s'est mobilisé pour tenter de sauver l'entreprise et la région Nouvelle-Aquitaine a voté un prêt de 580.000 euros pour maintenir la trésorerie.

Selon Me Jean-Louis Borie, avocat de 230 salariés de l'entreprise, le plan de reprise "accepté par le tribunal de commerce de Paris voici deux ou trois ans reposait notamment sur des promesses de volumes, commandes et chiffre d'affaires faites par Renault. Engagement qui n'ont pas été tenus."


"Par ailleurs, nous avons la conviction que PSA s'est engagé à soutenir GM&S le temps de se ressourcer pour mieux la lâcher ensuite", après avoir réorienté ses chaînes de production vers d'autres fournisseurs.