Dans le cadre de la 19e édition de son étude annuelle sur les tendances clés du secteur automobile dans le monde, le cabinet américain KPMG a interrogé 900 dirigeants et 2100 consommateurs au sujet de l’électrification des véhicules dans 43 pays. Si, en France, le véhicule électrique est d’abord considéré comme un véhicule à batterie, il apparait que la pile à hydrogène, au niveau global, ne cesse de gagner du terrain auprès des constructeurs. C'est notamment le cas au Japon.

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« Les constructeurs y voient une réponse technique pertinente pour certains usages. Ils sont ainsi 52% dans le monde, contre 29% en France, à considérer ce mode de production de l’énergie électrique comme la tendance clé de l’année. Cette nouvelle piste technologique, encore peu exploitée commercialement, nécessite la mise en œuvre d’une infrastructure dédiée afin d’alimenter les véhicules en hydrogène. Elle progresse régulièrement parmi le palmarès des enjeux du secteur mis en avant par les dirigeants interrogés par KPMG, passant ainsi de la 6e place en 2014 à la 1ère place aujourd’hui », souligne ainsi le cabinet.

Selon l’étude, le développement du véhicule électrique à batteries, solution privilégiée par les constructeurs européens, pourrait montrer ses limites dans la mesure où elle nécessite une infrastructure électrique particulièrement conséquente que de nombreux pays ne sont pas prêts à mettre en œuvre. « En France, 43% des décideurs estiment que le manque d’infrastructure est le frein majeur au développement de la mobilité électrique, contre 28% à l’échelle mondiale », rappelle KPMG.

Les dirigeants interrogés projettent un mix équilibré parmi les technologies disponibles à un horizon de cinq ans :
- 26% pour les véhicules électriques à batterie
- 25% pour les véhicules fonctionnant par pile à hydrogène
- 25% pour les motorisations traditionnelles (diesel et essence)
- 24% pour les moteurs hybrides, rechargeables ou non.

Enfin, pour 50% des décideurs dans le monde, et seulement 39% en France, l’utilisation du diesel reste technologiquement et économiquement pertinente. 

« Face à une pression réglementaire toujours plus forte et aux progrès décisifs attendus dans la chimie des batteries, les acteurs du secteur automobile voient dans le véhicule électrique une opportunité de développement qu’il est indispensable de saisir. Néanmoins, la mise en place des infrastructures nécessaires à ces nouvelles motorisations reste un enjeu majeur qui conditionne le succès commercial de ces technologies émergentes », conclut Laurent des Places, associé KPMG responsable du secteur automobile.