Encore plus qu'ailleurs, en matière de consommation des véhicules, il y a la version officielle et la réalité. Selon le Joint Research Center, soit le centre de recherches de la Commission européenne (JRC), les valeurs de consommations réelles observées sur les véhicules électriques "sont 38% supérieures à celles homologuées (...) La différence est considérablement supérieure à celle des véhicules conventionnels, qui est estimée entre 20 et 25%."

Le JRC a procédé a cette étude en étudiant les données de roulage de plus de 600 véhicules électriques répartis dans différents pays d'Europe. Le parc était composé de divers modèles : l'i-Miev de Mitsubishi et ses déclinaisons françaises (Peugeot ion, Citroën C-Zero), et la Think City, un modèle disparu aujourd'hui.

Des données objectives peuvent toutefois expliquer les écarts observés, selon le JRC : "Chauffer et refroidir l'intérieur du véhicule comme les batteries joue un rôle important dans la consommation réelle d'énergie" souligne le laboratoire. L'étude ayant bénéficié de données provenant de nombreux pays, il n'est donc pas étonnant de constater qu'en Suède, l'écart de consommation entre l'été et l'hiver atteint 40% en moyenne ! D'autre part, toujours d'après le JRC, "lorsque les températures sont extrêmes, les batteries ont besoin d'un pré-conditionnement (refroidissement ou chauffage) avant de pouvoir rouler" ce qui entraine encore plus d'énergie dépensée sans avoir parcouru le moindre kilomètre...

Les pays nordiques seraient donc particulièrement peu favorables aux véhicules électriques, plutôt énergivores dès que les températures se rapprochent de zéro. Le premier marché du VE en Europe est pourtant bel et bien la Norvège !