Au cœur de l’agitation du salon Global industrie, qui se tenait du 27 au 30 mars 2018 au Parc des expositions de Villepinte, plusieurs acteurs de l’industrie mondiale ont jugé bon de se réunir autour de tables rondes pour échanger sur les nouvelles tendances qui émergent et sur son avenir. C’est le cas de l’une d’entre elles dont la parole a été donnée à Jacques Mauge, président de la Fiev, Alain Diboine, directeur des programmes automobiles de Segula Technologies, Patrick Meillaud, vice-président de l’usine Bosch Rodez, et Carla Gohin, directrice recherche et innovation de PSA, sur l’impact des voitures électriques sur le secteur de l’industrie.

D’abord, pour PSA, le véhicule électrique est une réalité. Deux nouvelles chaînes de traction, une 100% électrique et une autre 100% plug-in hybride essence vont être lancées dès 2019. D’après Carla Gohin, plus de 8 modèles seront équipés de la plug-in hybride essence et plus de 7 modèles équipés pour le 100% électrique « et quand on regarde à plus long terme, en 2025, 100% de nos véhicules seront équipés de nos chaînes de traction électrifiées. Nous sommes véritablement dans l’accélération, la rupture est engagée et sommes totalement impliqués », ajoute-t-elle.
Pour le dirigeant de Segula (ingénierie), ce que change l’électrique se situe essentiellement dans les compétences, à savoir, depuis plusieurs années, le groupe développe de nouvelles compétences en architecture électronique spécifique pour l’électrique et dans tous les ensembles qui constituent un VE « pour être capable de répondre aux besoins de nos clients mondiaux ». Concernant les équipementiers, ce sont, semble-t-il, ceux qui y trouveront le plus d’opportunités selon Jacques Mauge, le président de la Fiev, « nous avons un contenu technologique très fort et une implantation géographique mondiale et nous sommes déjà parés pour répondre à la demande des constructeurs ». Et donc l’une des conséquences du VE chez Bosch Rodez est l’adaptabilité en lien avec ces nouvelles plateformes multitechnologiques et multimotorisations. Le dirigeant met alors actuellement en place une organisation qui fournit des solutions PowerTrain pour systèmes d’entrainement de véhicules, quelque soit la technologie.

« Chez nous, nous faisons presque exclusivement des composants pour moteur diesel mais nous ne sommes pas encore morts. Ils sont très complexes donc nous y associons énormément d’emplois. A terme, le VE va nous imposer un défi de taille car si le diesel baisse, il y aura une problématique d’emploi que nous n’allons pas pouvoir compenser, même avec les autres technologies entraînement. L’essence est moins générateur d’emploi et l’électrique encore moins », rappelle-t-il.

Mais la filière automobile entière doit également s’adapter et suivre cette transition qui va se faire plus ou moins rapidement. La transformation, d’une part, doit être acceptée mais à quel rythme ? Il ne faut pas émettre d'hostilités aux technologies mais d'avantage se soucier de la gestion de ce passage d’après les acteurs autour de la table.

« Les constructeurs peuvent très bien construire des voitures comme Tesla mais il faut qu’il y ait le marché en face pour pouvoir les créer et les y diffuser. C’est un paramètre à prendre en compte », avance Jacques Mauge.

Surtout quand on pense aux volumes de vente, aux batteries et au recyclage, aux infrastructures, au coût financier des produits, à la création d’écosystèmes avec les nouvelles start-up,…pas si simple de mettre tout cela en place car tout le monde doit être prêt et, en même temps. La capacité industrielle de nos acteurs automobiles industriels est bien là mais il y a encore de nombreuses interrogations...