La bonne santé du commerce automobile en France s’est confirmée en novembre : 180 012 voitures vendues, 10,3 % de plus qu’en novembre 2016 (+ 5,1 % à même nombre de jours ouvrables). Le marché devrait terminer l’année aux alentours des 2,1 millions d’exemplaires diffusés, son meilleur score depuis 2011.

La médaille est belle. Son revers l’est moins : la part des ventes aux particuliers continue de baisser. Ce qui signifie que la progression du marché est largement alimentée par les ventes aux loueurs de courte durée et aux concessionnaires, autrement dit par la machine à fabriquer des occasions récentes ou de 0 km. Ces ventes, appelées pudiquement « tactiques », représentent en effet 26,7 % des immatriculations du mois de novembre, contre 26,2 % en novembre 2016. Ce glissement est encore plus net sur la période janvier-novembre : 30,1 % de ventes tactiques, contre 29,1 % en 2016. Pour la première fois de son histoire, le marché français devrait ainsi connaître, en 2017, une part de ventes aux particuliers et sociétés inférieure à 70 %. Elle était de 70,4 % en 2016 et, pour mémoire, de 82 % en 2009.

Certes, Avis ou Europcar ont besoin de voitures de location, le réseau de véhicules de démonstration ou de courtoisie. Mais pas au point que leur part soit passée en neuf ans de 18 à 30,1 % des immatriculations totales. Cette différence équivaudra à l’heure des comptes finaux à environ 250 000 véhicules : des ventes artificielles qui auront dopé le marché français 2017, mais qui, à moyen terme, viendront fragiliser la valeur de reprise des modèles achetés neufs par particuliers et sociétés.

Citroën redresse la barre


Toutes les constructeurs n’ont pas recours à cet expédient : ceux qui écoulent aisément leur production auprès des particuliers et entreprises ne sont pas tentés de forcer la dose des ventes tactiques. Pour les reconnaître, il est un curseur, la moyenne nationale des ventes aux particuliers et aux sociétés : 69,5 % sur les onze premiers mois de 2017. Les marques qui se situent au-dessus de cette ligne passent une bonne année : Dacia (87,7 %), Toyota (78,5 %), Audi (76,6 %), Kia (73,7 %), Peugeot (72,4 %), Volkswagen (71,6 %), Hyundai (70,9 %). Les autres traversent des temps difficiles.

Citroën est en train de redresser la barre. L’absence de nouveautés majeures dans sa gamme a longtemps contraint la marque aux chevrons, pour limiter son reflux, à lâcher la bride des ventes tactiques : 32,4 % de ses immatriculations depuis janvier. Mais le récent renouvellement de la C3 et le lancement du C3 Aircross ont changé la donne. En novembre, la marque est repassée dans la première moitié du tableau : immatriculations en hausse de 10,8 %, part des ventes tactiques tombée à 25,6 %. Peugeot, portée par le succès du 3008 et de sa version longue 5008, est entrée dans une spirale vertueuse : bond des immatriculations (+ 24,5 % en novembre) et 3e meilleur taux mensuel (82 %) de ventes aux particuliers et sociétés, derrière Dacia (88,9 %) et Toyota (88,2 %).

Audi tient bien le cap : ses ventes progressent depuis janvier (+ 1,6 %), la part de ventes tactiques reste faible (23,5 %). Mercedes-Benz (+ 11,5 %) et BMW (+ 0,1 %) affichent aussi des résultats globaux positifs, mais au prix d’acrobaties commerciales : 34,2 % de ventes tactiques pour Mercedes-Benz, 33,2 % pour BMW. Même situation pour Renault : progression des ventes (+ 3,2 % en novembre) inférieure à celle du marché français (+ 10,3 %) et 66,2 % de ventes aux loueurs et aux concessionnaires. Son partenaire Nissan garde des positions élevées. Toutefois, l’effet bénéfique Qashqai-Juke se dissipe : recul des ventes en novembre (– 1 %), avec un part trop importante (39,6 %) de ventes tactiques.

Taux de vente aux particuliers et sociétés : le classement des quinze premières marques de France de janvier à novembre 2017



1. Dacia : 87,7 %
2. Toyota : 78,5 %
3. Audi : 76,6 %
4. Kia : 73,7 %
5. Peugeot : 72,4 %
6. Volkswagen : 71,6 %
7. Hyundai : 70,9 %
Moyenne nationale : 69,5 %
8. Renault : 67,8 %
9. Citroën : 67 %
10. BMW : 66,8 %
11. Mercedes-Benz : 65,8 %
12. Ford : 64,4 %
13. Opel : 56 %
14. Nissan : 55,6 %
15. Fiat : 50,2 %

Ventes aux particuliers et aux sociétés : le classement des quinze premières marques en France de janvier à novembre 2017 



1. Renault : 255 232 immatriculations
2. Peugeot : 244 392
3. Citroën : 125 294
4. Dacia : 93 787
5. Volkswagen : 89 316
6. Toyota : 63 049
7. Ford : 49 916
8. Audi : 45 309
9. Mercedes-Benz : 38 513
10. Opel : 37 632
11. Nissan : 36 409
12. BMW : 36 184
13. Fiat : 31 447
14. Kia : 25 182
15. Mini : 19 077