Deux problèmes se posent avec les Véhicules hors d'usage (VHU) : certains sont abandonnés au bord des routes ou ailleurs, ce qui génère des problèmes environnementaux et de sécurité. Le second souci réside dans la persistance d'une filière illégale de prise en charge des VHU. Les casses sauvages existent toujours en France, ce qui nuit à l'environnement mais aussi aux professionnels de la démolition, qui voient évidemment des concurrents illégaux perdurer.

Le gouvernement a semble-t-il une nouvelle fois demandé à quelqu'un de plancher sur le sujet. Jacques Vernier, actuel président des filières "REP" pour "Responsabilité élargie aux producteurs", a livré moult propositions à l'exécutif voici quelques jours.

Dans un style particulièrement enlevé, celui qui fut aussi député RPR ou président de l'Ademe suggère donc ce que certains craignent depuis longtemps : "Pour les rentrer dans la filière légale (ndlr, les VHU), créer un fonds permettant de verser une prime au retour des véhicules hors d'usage, alimenté par une contribution à l'achat du véhicule ou par une surtaxe, soit sur le carburant, soit sur les cartes grises, soit sur les assurances" écrit M. Vernier. Selon son raisonnement en effet, "en rachetant légalement à un prix supérieur au prix des acheteurs illégaux, on ferait rentrer les véhicules illégaux dans le droit chemin".
Et l'ex-député de citer l'exemple du Danemark, où il existerait "une prime au retour de 300€ (...) financée par une surtaxe annuelle de 12€ sur les assurances."

Jacques Vernier ne croit pas qu'une éco-contribution payée à l'achat du véhicule neuf soit une bonne chose "car elle poserait tout le problème de transmission de cette consigne entre les propriétaires successifs au cours d'une durée de vie du véhicule estimée à 18 ans".
Ce constat fait écho à celui du député martiniquais Serge Letchimy, qui avait été chargé par la précédente ministre de l'Environnement de travailler sur les problèmes posés par les VHU en outremer. De ce fait, ce sont les constructeurs qui s'apprêtent à payer pour nettoyer les départements d'outre-mer !

Visiblement très en forme, l'ex-patron de l'Ademe a d'autres idées pour enrayer la filière illégale de démolition : il souhaiterait faire en sorte "qu'un véhicule non désimmatriculé et donc probablement disparu dans une filière illégale continue de payer les sommes annuelles qu'il a à verser" comme l'assurance etc. Enfin, "l'interdiction de vente des pièces détachées automobiles par les particuliers est vivement demandée pour étrangler les débouchés des filières illégales" selon M. Vernier; une idée que le CNPA ne renierait pas, à coup sûr.