Agée de plus de 15 ans, la directive 2000/53 fixant les objectifs de réutilisation et de valorisation des Véhicules hors d'usage (VHU) va être revue par les pouvoirs publics européens. Le 24 janvier, les députés de la commission de l'environnement devraient voter en faveur d'un nouveau texte censé réactualiser la directive de 2000.

Bien des idées et principes figurent dans le projet de nouvelle directive, comme par exemple le fait que les Etats membres s'engagent à mieux surveiller les ventes de véhicules d'occasion afin de s'assurer qu'il ne s'agit pas de transferts de VHU déguisés.
Une idée qui n'est sans doute pas vaine, compte-tenu du dernier bilan annuel (2014) disponible pour ce qui concerne les VHU : "2 167 959 millions de véhicules tous confondus ont été mis sur le marché en 2014" mais "1 084 766 ont été déclarés pris en charge par les centres VHU agrées en 2014", sachant que le résultat est en baisse (-2,7%) par rapport à 2013 !

Mais surtout, le projet explique que les Etats membres doivent encourager et procéder au recyclage des véhicules dès qu'il est "viable d'un point de vue écologique".

Une assertion qui peut être largement discutée compte-tenu des derniers bilans et études disponibles. Comme l'a déjà expliqué L'argus, les filières de recyclage des différents matériaux issus des épaves se mettent en place à partir du moment où l'équilibre économique est trouvé. La viabilité écologique est loin d'être le seul critère d'instauration d'une filière !

D'autre part, les objectifs fixés dans la directive de 2000 n'ont pas été intégralement atteints en France en 2014, selon le dernier rapport annuel : 85,9% de la masse des VHU pris en charge ont fait l'objet d'une réutilisation et d'un recylage, pour un objectif de 85%. Mais le "taux de réutilisation et de valorisation", fixé à 95%, a atteint 91,3% en 2014...

Les performances des démolisseurs et broyeurs ont tout de même été en hausse par rapport à 2013 : 85% des démolisseurs "ont atteint leur objectif de réutilisation et de recyclage des matières non métalliques" en 2014 contre 53% en 2013 ; 66% "ont atteint leur objectif de réutilisation et de valorisation des matières non métalliques" sachant qu'ils avaient été 57% un an auparavant. Les broyeurs sont sur une même tendance, selon le rapport de l'Ademe.