Le véhicule d’occasion est-il la terre promise du digital ? « Pour le VO et Internet, c’est en tous les cas le début d’une grande histoire puisque l’on décèle une certaine forme d’écosystème qui est en train de se créer. Des entreprises innovantes viennent ainsi combler les manques que l’on retrouve sur le marché auto en termes de services, d’offres, de sécurisation, etc. »
Voilà le décor planté par Guillaume Crunelle, associé responsable industrie auto chez Deloitte, qui a participé à une table ronde en compagnie de plusieurs dirigeants de start-up. Intitulée « Le digital est-il l’avenir du véhicule d’occasion ? », cette table ronde était l’occasion d’échanger sur le marché de l’occasion qui, comme beaucoup d’autres activités, n’échappe pas à la digitalisation. Cette tendance s’exprime surtout avec l’arrivée de nouveaux acteurs pour essayer de fluidifier et révolutionner le marché du VO. Briocar, Autorigin et Cocoricar ont au moins le mérite de penser que le métier traditionnel du concessionnaire et celui des start-upper ne sont pas si éloignés, au contraire. Voici leur description.

Autorigin

Cette solution Web créée en 2016 permet de réduire les risques d’arnaques en fournissant aux acheteurs et aux vendeurs une certification et une traçabilité sur l’historique d’un véhicule. Depuis sa création, plus de 94 000 rapports ont été édités.

« Le marché du VO est énorme en France avec plus de 6 millions de véhicules mais il est imparfait. Aujourd’hui avec la data, nous sommes capables de rassurer les automobilistes en leur disant d’où vient leur voiture. »

Briocar

La plateforme VO Briocar lancée par le groupe Bodemer en octobre 2017 se définit comme « une société de distribution auto digitale qui remplace la concession et ses vendeurs », affirme le directeur des opérations, Thibaud Carissimo. Ce site en ligne a été créé à partir de plusieurs constats : un manque de temps et d’intérêt des clients pour se rendre en concession et une certaine crainte du vendeur, « les automobilistes appréhendent la négociation avec lui et pensent souvent ne pas acheter leur auto au bon prix », ajoute-t-il. Avec la suppression des frais de structure et de stock, le dirigeant estime vendre ses produits 540 euros moins chers par rapport aux concessions et a réalisé 58 ventes pour l’instant pendant sa phase de tests (prix moyen de vente 16 400 euros HT).

« Avec la participation du groupe Bodemer, nous constatons que les deux modèles cohabitent bien et que si ce n’est pas lui qui tente, un autre groupe ou même un Gafa le fera. La typologie de client et la zone de chalandise sont ainsi élargies », souligne Guillaume Crunelle.

Cocoricar

Cette marque est née d’un co-développement entre Icare et BNP Paribas en 2017. Elle se revendique être la solution de confiance dans les transactions de VO entre particuliers. Selon François Tritz, directeur développement et marketing d’Icare, « 1 personne sur 6 est impliquée dans une vente donc il y a un réel besoin de sécurité dans l’acte d’achat ou de vente par Internet et nous nous affranchissons des réseaux constructeurs. Nous sommes un tiers de confiance ».

Alors qui va emporter la mise ?

« Le marché du VO tend à se professionnaliser mais ce qui est certain c’est que tout le monde ne peut pas prétendre y parvenir. Il n’y aura pas qu’une solution et qu’un seul acteur mais il y a bien une place énorme pour l’imagination et la création de nouveaux business model pour sortir de ces contraintes historiques physiques sur le marché du VO », conclut Guillaume Crunelle.

L’achat d’un véhicule d’occasion ne se fera plus en fonction de son prix mais en fonction du choix qui s'offre aux automobilistes par le biais de l’arrivée d’éléments nouveaux apportés par le digital comme la sécurisation, la garantie, la prise en charge, la traçabilité, etc.