Les SUV gravissent rarement les montagnes, mais font monter la Voiture Moyenne de France sur l’échelle des prix. En 2016, les ventes des SUV compacts ont augmenté de 20%, leur tarif moyen de 1 083 €. Même effet multiplicateur chez les SUV de luxe : ventes en hausse de 15%, tarif moyen de 1 734 €. En conséquence, la part des véhicules à plus de 35 000 € croît dans les ventes depuis que les SUV ont les faveurs du public : 10% en 2014, 13% en 2015, 16% en 2016.

La Voiture Moyenne de France avait franchi pour la première fois le cap des 20 000 € en 2007, juste avant que la crise financière née aux Etats-Unis n’affaiblisse les économies occidentales. Et jamais non plus elle n’avait été si longue (4,17 m), puissante (105 ch) et lourde (1 293 €). Elle a ensuite réduit la voilure dans la tempête : 18 862 € en 2008. Tandis que prime à la casse et bonus écologiques instaurés pour contrer les effets de la crise remodelaient sa physionomie en favorisant l’achat de petits modèles : 4,10 m, 96 ch et 1 229 kg en 1999.

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Cette parenthèse refermée, elle a repris sa marche en avant, avec un fort balancier en 2012 (4,21 m, 110 ch, 1 283 kg) : après avoir garni leur garage de petites voitures au temps des incitations fiscales, les Français ont renouvelé leurs modèles de plus fort calibre. Mais en 2015, elle est montée encore plus haut : 4,22 m, 113 ch. Avant de grimper d’un nouveau cran en 2016 : 4,23 m, 116 ch.


  • sa longueur a peu changé : la Voiture Moyenne de France mesurait 4,12 m en 1953, avant de perdre quelques centimètres quand l’automobile s’est démocratisée.
  • sa puissance a triplé depuis 1953,(de 38 à 116 ch).
  • elle a élevé son toit (1,29 m en 1953, 1,54 m en 2016)
  • elle s’est élargie (1,56 m en 1953, 1,78 m en 2016) pour donner de l’aise à ses occupants.
  • elle a pris du poids : 846 kg en 1953, 1 261 en 2015. Soit 50% de plus, à taille quasi égale. Les raisons sont connues : équipements de confort, normes sécuritaires.

Il faut lui reconnaître ce talent : malgré poids et puissance en hausse, la Voiture Moyenne parvient à réduire sa consommation. La pente est constante : 5,5 l/100 km et 145 g de CO2/km en 2007, 4,5 l et 109 g en 2016. Mais même si les moteurs essence appliquent aujourd’hui les recettes employées hier par les diesels (turbos, injection directe, réduction de cylindrée), les motoristes ne pourront éternellement réaliser des prouesses. Pour aller plus loin dans la sobriété sans attenter au brio, il n’est que deux voies : hybridation, et matériaux composites pour diminuer le poids. Hélas, l’une comme l’autre vont encore accroître le prix de la Voiture Moyenne. Surtout si le vent continue de souffler dans les voiles des SUV.